LIV. m, CHAP. L
(|u a tomber à genoux et se frap^ier la poitrine, parcequil n^en est pins pour lui comme auparavant, lorsque vopre lumière resplendissoit sur sa tête ' , et qu'à Fombre de vos ailes H trouvait un abri contre les tentations^,
3. Père juste et toujours digne de louange, l'heure est venue où votre serViteur doit être ëprôuTé.
Père aimable, il est juste que votrle serviteur iïOufiBre maintenant quelque chose pour vous.
Père à jamais adorable, l'heure que vous avez prévue de toute éternité est venue j où il faut que votre serviteur succombe |X)ur un peu de temps au-'dehors, sans cesser de viVre toujours intérieurement en tous.
Il faut que, pour un peu de teinps, il sôlt abaissé, humilié, anéanti devant les hommes, brisé de souffrances , accablé de langdeurs , afin de se relever avec vous à l'aurore d'un jour nouveau, et d'être environné de splendeur dan^ le ciel.
Père saint , vous l'avez ainsi ordonné , ainsi voulu; et ce que vous avei commandé s'est aocompH.
' Job. XXIX, 3. — * Ps. XVI, lo.
364 l'imitation de jésus-christ.
4. Car cest la g^race que vous £giiles à ceux que vous aimez de souffrir en ce monde pour votre amour, et d'être afïligés autant de (bis et par qui que ce soit que vous le permettiez.
Rien ne se fisiit sur la terre sans raison, sans dessein , et sans Tordre de votre providence.
Ce m'est un bien, Seigneur, que vous m ayez humilié, afin que je m'instruise de votre justice ' ^ et que je bannisse de mon cœur tout orgueil et toute présomption .
Il m'est utile d'avoir été couvert de confusion \ afin que je cherche à me consoler plutôt en vous que dans les hommes.
Par-là j'ai appris encore à redouter vos jugements, impénétrables, selon lesquels vous affligez et le juste et l'impie, mais toujours avec équité et avec justice.
5. Je vous rends grâces de ce que vous ne m'avez point épargné les maux, et de ce qu'au contraire vous m'avez sévèrement frappé, me chargeant de douleurs^ et m'accablant d'angoisses au-dedans et au-dehors.
De tout ce qui est sous le ciel , il n'est rien
' Ps. CXTIll, 71. — 2 Ify^jfjl^ LXVIII, 11.
Liv. in, CHAP. L. 365
c[tii me console; je n espère qu'en vous, ô mon Dieu, céleste médecin des âmes, qui blessez et qui guérissez, qui conduisez jusqu*aux enfers, et qui en ramenez ' .
f^ous me guidez par vos enseignements, et votre verge même m'instruira \
6. Père uniquement aimé, voilà que je suis entre vos mains; je m'incline sous la verge qui me corrige.
Frappez , frappez encore , afin que je réforme, selon votre gré, tout ce qu'il y a d'imparfait en moi.
Faites de moi , comme vous le savez si bien foire, un disciple humble et pieux, toujours prêt à vous obéir au moindre signe.
Je m'abandonne , moi et tout ce qui est à moi, à votre correction. Il vaut mieux être châtié en ce monde qu'en l'autre.
Vous savez tout, vous pénétrez tout, et rien ne vous est caché dans la conscience de l'homme.
Vous connoissez les choses futures avant
qu'elles arrivent, et il n'est pas besoin que per-
' I. Rcç. Il, 6; Tob. xiii, a. — ' Ps. xvii , 36.
366 l'imitation de j$su&-ghrist.
sonne vous instruise ou voi;^ avertisse de ce qui se passe^sur la terre.
Yot^s savez ce qui ç^% utile, à inon avancement, et combien la tribulatiou sert à cousumer la rouille, des vices^
Disposez de moi selon votre bon plaisir, et ne me délaissez point à cause de ma vie toute de. péché, que personne, ne connoît mieux que vous.
7. Faites, Seigneur, que je sache ce que je dois savpir, que j aime ce que je dois aimer, que je loue ce qui vous est agréable, que j'estime ce qui est précieux devant vous , et que je méprise cç qui est vil à vos regards.
Ne permettez pas que je juga d'après ce que tœil aperçoit au-dehors, ni qixejejbrme mes 4e«timents sur les discours insensés des hommes''^ mais faites que je porte un jugement vrai àçs choses sensibles et des spirituelles, et sur-tout que je cherche à reconnoître votre, volonté.
8. Souvent les hommes se trompent en ne jugeant que sur le témoigns^e des sens. Les amateurs du siècle se trompent aussi çn n aimant que les choses visibles.
' Is. XI, s.