LIV-. III, CHAP. LVII
Vous avez assez de courage quand il ne vous arrive rien de fâcheux.
Vous savez même conseiller bien les autres, et les fortifier par vos discours •, mais lorsqu'il vous survient une affliction soudaine , vous manquez de conseil et de force.
Considérez votre extrême fragilité , dont vous avez si souvent Texpérience dans les plus petites choses : et toutefois Dieu le permet ainsi pour votre salut.
2. Bannissez de votre cœur, autant que vous le pourrez , tout ce qui le trouble. A-t-il été surpris, qu'il ne se laisse point abattre, mais qu'il se dégage sur-le-champ.
Souffrez au moins avec patience , si vous ne pottvez;i60uffrir avec joie.
Lorsque vous êtes peiné d'entendre certaines choses, et que vous en ressentez de l'indignation, modérez-vous, et veillez à ce qu'il ne vous échappe aucune parole trop vive qui scandalise les foibles.
Votre émotion s'apaisera bientôt, et le retour de la grâce adoucira l'amertume intérieure.
Je suis toujours vivant, dit le Seigneur, pour vous secourir et vous consoler plus que jamais.
4oo l'imitation de Jésus-christ.
si vous mettez en moi votre confiance, et si vous m'invoquez avec ferveur.
3. Armez-vous de constance , et préparezvous à souffrir encore davantage.
Tout n'est pas perdu, quoique souvent vous soyez dans le trouble et tenté violemment.
Vous êtes un homme, et non pas un Dieu; vous êtes de chair, et non pas un ange.
Comment pourriez-vous toujours vous maintenir dans un égal degré de vertu , lorsque cette persévérance a manqué à l'ange dans le ciel, et au premier homme dans le paradis?
C'est moi qui soutiens et qui délivre cenx qui gémissent; et j'élève jusqu'à moi ceux qui reconnoissent leur infirmité.
4. Le F. Seigneur, que votre parole soit bénie ; elle m'est plus douce que le miel a ma bouche * .
Que ferois-je au milieu de tant d'afQictions et d'angoisses, si vous ne me ranimiez par vos saintes paroles?
Pourvu que je parvienne enfin au port du salut, que m'importe que je souffre, et combien je souffre?
* Ps. xviii, 10.