LIV. m, CHAP. LVll. 4oi
Accordez-moi udc bonne fin; donnez-moi de passer heureusement de ce monde à lantre.
Souvenez-vous de moi , mon Dieu , et conduisez-moi dans la voie droite vers votre royaume. Ainsi soit-il.
RÉFLEXION
Le comprendrons-nous enfin , ce que Dieu demande de nous? car c'est lui qui nous parle ici; de lui-même , un homme ne sauroit ni concevoir dî exprimer de telles choses. 11 veut, ce grand Dieu, que nous considérions toujours à-la-fois et notre néant et sa grandeur, également infinis; et notre con-uption si pj^fonde, si invétérée , et sa miséricorde, qui surp^8l»e infiniment notre corruption. Avons-nous fait quelque hien? humilions-nous aussitôt : ce bien vient de lui , c est à lui qu'il doit être rapporté : l'orgueil le rendroit abominable à ses yeux. Sommes-nous tombés dans quelque faute? il y auroit encore de l'orgueil à nous en étonner, à perdre com^age, à nous en attrister outre mesure. Lhomme est né tout entier dans le péché* ; et le péché l'environne de toutes fmrts^. Mais qu'à cette confusion que nous cause
' Joann. ix, 34* — ' Ueb. xii, i.
4o2 l'imitation de Jésus-christ.
notre chute, se joignent des sentiments de confiance dans ce Dieu de miséricorde qui peut tout réparer, parceque lui seul sait tout édifier. Ainsi notre vie devient un aveu continuel de notre foiblesse et de sa toute-puissance. Ainsi, tenant tout de Dieu, nous rendons tout à Dieu, nous n'espérons qu'en Dieu; et en effet, il n'y a point d'autre voie pour arrivera nous unir à jamais à Dieu. Nous sommes la demeure de Jésus-Christ y dit l'Apôtre, si,jusqu*à la fin, nous conservons fermement la confiance et la gloire de Itsr përance ' .