LIV- IV, CHAP. I
sacrement; il répare les forces de lame, et lui rend sa beauté première que le péché avoit e£Facée.
Telle est quelquefois la puissance de cette grâce et la ferveur qu elle inspire , que non seulement lesprit, mais le corps languissant, en reçoit une vigueur nouvelle.
12. Et c'est pourquoi nous devons déplorer avec amertume la tiédeur et la négligence qui afFoiblissent en nous le désir de recevoir Jésus- Christ, unique espérance des élus et leur seul mérite.
Car c est lui qui nous sanctifie et qui nous a rachetés ; il est la consolation de ceux qui voyagent sur la terre, et Téternelle féhcité des saints.
Combien donc ne doit-on pas gémir de ce que plusieurs montrent tant d'indifférence pour ce sacré mystère, qui est la joie du ciel et le salut du monde !
O aveuglement! ô dureté du cœur humain, d'être si peu touché de ce don ineffable, qui semble perdre de son prix à mesure qu'on en use davantage !
i3. Si cet adorable sacrement ne saccom-
428 l'imitation de Jésus-christ.
plissoit qu'en un seul lieu -, et qu'un seiJ prêtre, dans le monde entier, consacrât iliostie sainte, avec quelle ardeur les hommes n accouroientiis pas en ce lieu, vers ce prêtre unique, pour voir célébrer les divins mystères?
Mais il y a plusieurs prêtres, et le Christ est offert en plusieurs lieux , afin que la miséricorde et l'amour de Dieu pour l'homme éclatent d'autant plus, que la sainte communioD est plus répandue dans le monde.
Je vous rends grâces , ô Jésus , pasteur éternel, qui, dans notre exil et notre indigence, daignez nous nourrir de votre corps et de votre sang précieux, et nous inviter, de votre propre bouche , à la participation de ces sacrés mystères, disant: Feriez à moi^ vous tous qui portez votre fardeau avec travail y et je vous soulagerai * .
RÉFLEXION
Frappé , comme le pieux auteur, de la force d& divines paroles de Jésus-Christ : « Où irions-nous , Seigneur, où irions-nous, s'écrie lun des docteurs de l'Église *? Quoi! à la chair et au sang? à la rai-
* Mauh. XI ,28. — ' Bossuet.