‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 284 sur 312 · LIV. IV, CHAP. XIÏ · texte numérisé non relu

LIV. IV, CHAP. XIÏ

veur, avec une tendresse adorable, à ses disciples, au moment où il alloit s*immoler pour eux , et établir, dans le plus grand de tous les mystères, lunion étemelle de la terre avec les cieux. Il le desiroit ardenunent sans doute, mais pour ceux qui Faimoient, qui croy oient en lui, qui lui restoient fidèles; et, dans ce dernier repas, il inonde, pour ainsi dire, leurs cœurs attendris des flots de sa douce, paternelle , et consolante parole. Mais aussi c est dans ce même repas, qu'il lance au transfuge qui l'abandonne, au traître qui va le livrer, cette parole foudroyante : Malheur à cet homme ! il vaudrait mieux pour lui quil ne fut pas né '. Qu est-ce que cet homme maudit, cet enfant de perdition ^, sinon le sacrilège qui approche du repas des anges, le cœur encore tout souillé de ses passions impures , sans humilité, sans repentir, sans amour; qui retourne aussitôt livrer, en quelque sorte , aux profanations du monde le Dieu qu il vient de recevoir, ne sachant pas discerner le corps du Seigneur, buvant et man^^ géant son propre jugement^? Pour nous admettre parmi ses bien-aimés, que demande donc ce maître tour-à-tour si terrible et si indulgent? Que nous ordonne-t-il? de croire, d aimer, de nous humilier. Que le pécheur s anéantisse devant lui , à oause de

' Marc. XIV, 21. — ' Joann. xvii, la. — ^I. Cor. xi, ag.

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son péché, mais que le juste s'anéantisse aussi, connoissant que sa justice ne lui appaitiant pas: c est ainsi que C Agneau sans tache ôte les péchés du monde* ; c'est par cette loi de grâce quil est admirable dans s^ saints *.

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