LIV. IV, CHAP. XIV. it
briser les liens, d'où naissent ces désirs brûlants, ces transports impétueux , cette joie qui éclate par des sanglots et par des larmes, lorsqu'elles approchent de la table sainte, de cette table où leur Sauveur les attend , et va rassasier cette faim insatiable dont elles semblent , en quelque ^orte , épuisées et tourmentées? Ge nest pas seulement lexcès de leur amour qui cause de si vives émotions ; c est encore le ravissement où les plonge cet amour incompréhensible d un Dieu se donnant ainsi à sa créature, après s être immolé pour la racheter et la sauver. Pour nous, s'écrie lapôtre saint Jean, nous croyons à la charité de Dieu envers les hommes * ; et c'est ainsi qu'il publioit sa foi devant les Juifs et les païens , qui la rejetoient comme une folie, à cause de cette charité divine qu'ils ne comprenoient pas. Cette foi victorieuse s'est perpétuée: elle a traversé les siècles, toujours ardente, toujours vivifiante, ayant sans cesse produit des saints, et devant, jusqu'à la fin des temps, produire des saints nouveaux, pour une terre nouvelle et pour de nouveaux cieux. Comme le cerf altéré soupire après feau des torrents, ainsi mon ame soupire après vous, ô mon Dieu ', s'écrioit, moins heureux que nous, le roi prophète, au milieu des figures de cette fei de grâce et de mi-
» Joatin. IV, i6. — * Ps. xli, i.
Sa
498 l'imitation de jésu&christ.
séricorde, dont nous possédons la réalité. Ce quif faisoit lobjet de ses soupirs et de ses gémissements nous est prodigué sans réserve. Venez, nous dit le céleste Époux, venez, mangez, buvez, emvreiroous, mes bien^aimés ' . Allons donc à ce r^as qoi fait les délices des anges ; aUbns-y avec la foi des saints , et nous ressentirons bientôt toutes les ardeurs de leur amour. Cet amour, Dieu s*en contente, quoiqu'il soit si loin d'égaler son amour infini ; mais , eo même temps, il lexige comme le seul prâ que nous puissions lui donner d un tel amour. Parceque lu es tiède, dit-il, et ces paroles sont effrayantes, ei que tu n^es ni froid, ni chaud, je te vomirai de ma bouche^.