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lui peuvent semr les instructions les plus solides , les plus pressantes exhortations? Tout se perd dans le vide de son ame, ou se brise contre sa dureté. Humilionsnous, et la foi et Tamour nous seront donnés; humilions-nous, et le salut sera le prix de la victoire que nous remporterons sur Torgueif . Quand le Sauveur voulut montrer, pour ainsi dire, aux yeux de ses disciples la voie du ciel, que fit-il? Jésus appelant un petit enfant, le plaça au milieu d*eux^ et dit : En vérité^ je vous le dis ';si vous ne vous convertissez y et ne devenez comme de petits enfants , voici n entrerez pctnt dans le royaume des deux *.
P. S. On a cru qu^il seroit utile de placer à la fin des chapitres de Tlmitation quelques Réflexions qui en fussent comme le résumé. Elles tiendront lieu des pratiques du P. Gonnelieu. Ces pratiques, qui furent écrites dans uu siècle où il y avoit encore de la foi dans les cœurs et de la simplicité dans les esprits, semblent être devenues insuffisantes dans des temps malheureux, où le raisonnement a tout attaqué et tout corrompu. On s'est néanmoins efforcé d'atteindre, par des moyens différents , le même but que s'étoit proposé ce pieux écrivain, en fixant Tattention sur les principaux préceptes, ou sur les plus importants conseils contenus
4 *■ Mauii. XVIII, a et 3.
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dans chaque chapitre. Un homme dé beaucobp de prient, et, ce qai vaut mieux encore , d^une piété trop rare aujourd'hui, a bien voulu se charger de la plus grande partie de ce travail, que nous prions Dieu de bénir et de Badre fnictifier.
Nous finirons par un mot sur les principales traductions, fiaites dans notre langue, du livre de limitation.
La plus ancienne de celles qui méritent d'être citées , a pour auteuf le chancelier de Marillac, et fut publiée en 1631. Cette traduction, qui se rapproche plus qu'au* cune antre du texte original , a , dans son vieux langag^e , beaucoup de grâce et de naïveté : îl est remarquable qu'elle n'a été que rarement imitée par les traducteurs qui sont venus après^
En 1662, parut celle de M. Le Maistre de Saci : elle eut un grand succès. Toutefois ce n'est le plus souvent qu'une paraphrase élégante du texte. Le P. Lallemant, qui publia la sienne en 1740 S et M. Beauzée, dont la traduction fut imprimée en 1788, évitèrent ce défaut, mais laissèrent encore beaucoup à désirer. Bcausâe, correct, quelquefois même élégant, manque de chaleur et d'onction; le P. Lallemant, avec plus de précision que Saci et moins de sécheresse que Beauzée, est loin . cependant d'avoir fidèlement rendu le tour animé et plein de sentiment, l'expressiop souvent si hardie et sî pittoresque dsl'aiiginal. Du reste, l'un et l'autre s'em-
' il avoit lUurt quatre-vîng^ ans. *
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parèrenr, sans scrupule, de tout ce qu ils jugèrent bien traduit par leurs devanciers.
La traduction de Saci a été depuis revue et corrigée par M. Tabbé de La Hogue, qui la fort améliorée, sans'' avoir cependant rien changé au système de paraphrase adopté par ce traducteur.
Il nous reste à parler de la traduction qui^ depuis un siècle, a été le plus souvent réimprimée, et qui, sous le nom du P. Gonnelieu, auteur des pratiques et des prières dont elle est constamment accompagnée, passe pour la plus parfaite de toutes. Habentsua fàHUbeUi: ce singulier jttgement'que répète, à-peu-près dans les mêmes termM$ chaque nouvel éditeur de cette traduc-* tion, Ta rendue, en quelque sorte, Tobjet d'un respect religieux, qu il semble bien hardi de vouloir essayer de détruire. La vérité est cependant, que le P. Gonnelieu na jamais traduit Tlniitation; que cette traduction, depuis si long-temps honorée d'une si grande &veur, est d'un libraire de Paris, nommé Jean Gusson, qui la ît parottre pour la première fois en 167 3; et que, bien qu'Ole ait été retouchée et corrigée par J. B. Gusson» son fils,' qui la'publia de nouveau en 1712 >, y joignant alors pour la première fois, les pratiques du P. Gonne-? ^ lieu 9 jelle n'est en effet qu'une continuelle et foible copie
' Ces documents bibliographiques ont été puisés dans une disser» ta tion très saiTante et très bien laite, sur soixante'- traductions fran* çoises de limitation , piAliée fp 1 81 2 , par M. A. â.. Karbier, bibliothélaicedu Roi. . * .
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de celle de Saci , et , à notre avis , la plus médiocre de toutes les traductions que nous venons de citer >.
Quoique M. Geiioude, sur-tout dans les deux premiers livres y les ait quelquefois corrigées heureusement, peut'^tre laisse-t-il encore quelque chose à désirer. Il nous a paru du moins qu'on ponvott, en conservant ce qu'il y a de bon dans les traductions anciennes >, essayer de reproduire plus fidèlement quelques unes des beautés de Tlmitation. En ce genre de travail , venir le dernier est un avantage : heureux si nous avons su en profiter pour le bien des âmes y et si nous pouvons ainsi avoir quelque petite part dans les fruits abondants que produit tous les jours ce saint livre !
' Tous les traducteurs de rimitation n'ont cess^ de se copier les uns les autres; et Saci est celui auquel on a le plus fréquemment emprunte {Foyez la dissertation déjà ciiée). Du reste, tel est le dé»ordre qui rhfgae dans les réimpressions continuelles que Ton fait de ce lÎYre, que ces prati^es du P. Gonnelieu se p-ouvent, dans plusieurs éditions, â la suite des traductions de Beauzée, de Lallemant, etc.; et néanmoins, dans Tavertissement de l'éditeur, c'eit toujours • CéxcelUnte traduction du P. Gonnelieu que l'on présente aus
• lecteurs, cette traduction qui surpasse toutes les autres, pour lafi-
• délité et l'onction. »
* Le P. LaUemant justifie cette manière de traduire Tlmitation par une réflexion pleine de sens : « U y a, dit-il à la fin d^ sa préface,
• dans rimitation, un nombre d*expressions si simpfesi qu'il n'est m pas possible de les rendre bien en deux façons. On ne doit donc
• pas être surpris de trouver, en cette tradoc^oîi, plusieurs versets
• exprimés de la même manière que dans les éditions précédentes. Il
• ne seroit point juste de vouloir obliger un auteur de traduire Aoios
• bien un texte, pour s'éloigner de ceux qui ont saisi la seule bonne » manière de le traduire. •