LIV. I, CHÂP. XXV
tudls! TOUS seriez alors beaucoup plus heureux quà présent, assujetti comme vous Fêtes au corps et à toutes ses nécessités.
Plût à Dieu que nous fussions affranchis de ces nécessités, et que nous n eussions à songer qu'à la nourriture de notre ame, que nous gloutons, hélas, si rarement!
lo* Quand un homme en est venu à ne cher*cher sa consolation dans aucune créature, c'est alors qu il commence à goûter Dieu parfaitement, et qu'il est, quoi qu'il arrive, toujours satisfait.
Alors il ne.se réjouit d'aucune prospérité, et aucun revers ne le contriste *, mais il s'aban-^ donne tout entier, avec une pleine confiance, à Dieu , qui lui est tout en toutes choses, pour qui rien ne périt, rien ne meurt, pour qui, au contraire, tout vit, et à qui tout obéit sans délai.
1 1 . Souvenez- vous toujours que votre fin approche, et que le temps perdu ne revient point.
Les vertus ne s'acquièrent qu'avec beaucoup de soins et des efforts constants.
Dès que vous commencerez à tomber dans
98 l'imitation de Jésus-christ.
la tiédeur, vous tomberez dans le trouble. . Mais si vous persévérez dans la ferveur, vous trouverez une gfrande paix, et vous sentirez votre travail plus léger, à cause de la grâce de Dieu, et de Famour de la vertu.
L'homme fervent- et zélé est prêt à tout.
Il est plus pénible de résister aux vices et aux passions que de supporter les fatigues du corps.
Celui qui n'évite pas les petites fautes tombera peu à peu dans les grandes ' .
Vous vous réjouirez toujours le soir, quand vous aurez employé le jour avec fruit.
Veillez sur vous, excitez-vous, avertissezvous; et, quoi qu'il en soit des autres, ne vous négligez pas vous-même.
Vous ne ferez de progrès qu'autant que vous vous ferez de violence.
RÉFLEXION
Là voie qui conduit au ciel est étroite; il faut y marcher en portant sa croix : le royaume des deux ne peut être ravi que par violence^. Toutes ces paroles,
> Ëccles. XIX, ù — ' Matt. vu, i4'> x, 38; xi, 13.