LIV. I, CHAP. XXV
qui'veulent dire qu'on n est agréable à Dieu qu'en supportant avec patience les afflictions de la vie, qu en livrant de continuels combats à ses passions , paroissent dures à certaines âmes timides et pares- ^seuses, toujours chancelantes entre le bien et le mal : et ce qu'elles n'ont pas le courage de faire , elles le considèrent comme au-dessus des forces de Thumanité. Mais n'est-ce donc pas aussi une affliction cruelle, et un pénible travail que de se laisser vaincre par ses passions ? Elles nous entraînent où il leur plaît, comme des esclaves; elles se contrarient les unes les autres, et une guerre furieuse s'élève alors au-dedans de nous-mêmes. Sont-elles un moment d'accord : les passions des autres les traversent ; le désordre, les remords, des calamités, souvent irrémédiables, marchent à leur suite. Oh ! que cette parole de saint Augustin est vraie! quHl est plus aisé à ceux qui aiment Dieu de retrancher leurs cupidités quà ceux qui aiment le monde de les satisfaire ' . Choisissez donc, ou les afflictions des pécheurs avec leur désespoir, ou celles des justes avec leurs immortelles espérances : il n'y a point de milieu.
* Epist. ccxx ad Bonif.
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