LIV. Il, CHAP. IV. Il
devient toat ëtincelant, ainsi celui qni se donne sans réserve à Dieu se dépouille de sa langueur et se change en un homme nouveau.
3. Quand Fhomme commence à tomber dans la tiédeur, alors il craint le moindre travail, et reçoit avidement les consolations du dehors.
Mais quand il commence à se vaincre parfaitement, et à marcher avec courage dans la voie de Dieu , alors il compte pour rien ce qui lui étoit le plus pénible.
RÉFLEXION
Tels étoient les premiers chrétiens, des hommes purs, qui n'aspiroient qu'à Dieu, haïssant les plaisirs , parce qu'Us éloiguent de Dieu; et devenus euxmêmes, sur-tout par cette pureté de cœur, des objets d'aversion pour un monde tout sensuel , qui ne les eût point haïs, s'ils n eussent été de fâcheux censeurs de ses débordements. C'étoient des hommes simples, qui ne vouloient savoir que peu de choses, parceque, dit Tertullien, les choses certaines sont en petit fiombre\ Cette simplicité faisoit qu'ils renfermoient tout leur savoir dans les vérités révélées; et
' De anima.
ii6 l'imitation de Jésus-christ.
que, soigneux de ne point s'égarer dans ces questions infinies ' que défend TApôtre , ils marchoient droit , et sans dévier un seul instant, dans les voies de la justice et de la vérité , en paix avec eux-mêmes , agréables à Dieu et au prochain. Telle étoit leur vie, toute de foi et d'amour. Qui nous empêche de l'imiter, et d'en recueillir les célestes douceurs? les deux plus grands ennemis de l'homme , l'orgueU et la volupté.