CHAPITRE V
De la considération de soi-même.
I. Nous ne devons pas trop compter sur nous-mêmes, parceque souvent la grâce et le jugement nous manquent.
Nous n'avons en nous que peu de lumière, et ce peu il est aisé de le perdre par négligence.
Souvent noufs ne nous apercevons pas combien nous sommes aveugles au-dedans de nous.
« Tit III , 9.
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A de mauvaises actions, souvent nous donnons de pires excuses.
Quelquefois nous sommes mus par la passion, et nous croyons que c'est par le zèle.
Nous relevons de petites fautes dans les autres, et nous nous en permettons de plus grandes.
Nous sentons bien vite, et nous pesons ce que nous souffrons des autres ; mais tout ce qu'ils ont à souffrir de nous, nous n y songeons point.
Qui se jugeroit équitablement soi-même^ sentiroit qu'il n'a droit déjuger personne sévèrement.
2. L'homme intérieur préfère le soin de soimême à tout autre soin ; et lorsqu'on est attentif à soi, on se tait aisément sur les autres. *
Vous ne serez jamais un homme intérieur et vraiment pieux , si vous ne gardez le silence sur ce qui vous est étranger, et si vous ne vous occupez principalement de vous-même.
Si vous n'avez que Dieu et vous-même en vue , vous serez peu touché de ce que vous apercevrez au-dehors.
Où êtes-vous , quand vous n'êtes pas présent
1x8 l'imitation de jésds^îhrist.
à vous-même ? et que vous revient-il d avoir tout parcouru et de vous être oublié ?
Si vQus voulez posséder la paix et être véritablement uni à Dieu , il faut laisser là tout le reste et ne penser qu à vous seul.
3. Vous ferez de grands progrès, si vous vous dégagez de tous les soins du temps.
Vous serez au contraire fatigué bien vite , si vous comptez pour quelque chose ce qui n e$t que de ce monde.
Quil n'y ait rien de grand à vos yeux, ■«d'élevé, de doux, d'aimable, que Dieu seul ou ce qui vient de Dieu.
Regardez comme une pure vanité toute consolation qui repose sur la créature.
L'ame qui aime Dieu méprise tout ce qui est au-dessous de Dieu.
Dieu seul éternel, immense, et remplissant tout, est la consolation de l'ame et la vraie joie du cœur.
RÉFLEXION
Examinous-UGus bien ; il nY a en nous que contradiction. Nous sommes comme suspendus entre le ciel et la terre, tellement vils par une partiie de