‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 80 sur 312 · LIV. II, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. VI

maux ne viendront pas sur nous ; et qui oseroit nous nuire ' ? Ne les croyez pas ; car la colère de Dieu se lèvera soudain , et leurs œuvres seront réduites à rien, et leurs pensées périront.

2. Se faire un sujet de gloire de la tribulatioD, nest pas difficile à celui qui aime; car se glorifier ainsi , c'est se glorifier dans la croix de JésuS'-Christ^ .

La gloire que les hommes donnent et reçoivent est courte.

La tristesse accompagne toujours la gloire du monde.

La gloire des bons est dans leur conscience et non dans la bouche des hommes.

L'alégresse des justes est de Dieu et en Dieu, et leur joie vient de la vérité.

Celui qui désire la gloire véritable et éternelle dédaigne la gloire du temps.

Et celui qui recherche la gloire du temps, et ne la méprise pas de toute son ame, montre qu'il aime peu la gloire éternelle.

Il jouit d'une grande tranquillité de cœur, celui que n émeut ni la louange ni le blâme.

' Jer. V, 17.. — ' Rom. v, 3. Gai. vi , 14.

122 l'imitation de Jésus-christ.

3« Il dera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure.

Vous n'êtes pas plus saint parcequ'on tous loue, ni plus imparfait parcequ on vous blâme.

Vous êtes ce que vous êtes ; et tout ce qu on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne Fêtes aux yeux de Dieu.

Si vous considérez bien ce que vous êtes eu vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hdmmes disent de vous.

Vhommevoitlevisagey mais Dieu voit le ccewr\ L'homme regarde les actions, mais Dieu pèse rintention.

Faire toujours bien et s'estimer peu, c est le signe d'une ame humble.

Ne vouloir de consolation d aucune créature, c est la marque d'une grande pureté et d'une grande confiance intérieure.

4. Quand on ne cherche au-dehors aucun témoignage en sa faveur, il est manifeste qu'on s'est entièrement remis à Dieu.

Car ce n'est pas celui qui se recommande lui'' même qui est approuvé, dit saint Paul , mais celui que Dieu recommande '.

■ I. Reg. XTi, 7. — « n. Cor., x, 18.

uv. II, CHAP. VI. ia3

Avoir toujours Dieu présent au>dedans de 8(H, et ne tenir à rien au-dehors, cest l'état de l'homme intérieur.

BÉFLEXION.

Dieu met ses lois dans notre intelligence, et les écrit dans notre cceur, dit rApôtre\ Si cette conscience ({ae nous en avons, nous rend témoignage que nous y sommes restés fidèles, nous goûtons alors cette joie sainte et pure, cette paix qui vient du ciel, et dont aucune langue ne peut exprimer les ineffables douceurs. Après ce bonheur, le plus grand, ou, pour mieux dire, le seul bonheur véritable que la divine bouté ait voulu nous accorder dans notre exil, sa grâce la plus signalée, la plus merveilleuse, est de jeter le trouble et le remords dans une conscience souillée de crimes; de la forcer à contempler son péché, fit-elle mille efforts pour en détourner la vue ; de ly ramener sans cesse, jusqu'à ce que le cœur soit enfin amolli, et que les larmes de la pénitence aient commencé à couler. C est la première des grâces; c'est celle qui doit précéder toutes les autres , c'est une des grandes preuves d amour que Dieu puisse nous donner. Ceux que f aime, je les reprends*,

' Heb. VIII, lo. — * Apec, ui, 19.

124 l'imitation de Jésus-christ,

dit-il lui-même au disciple bien aimé. C'est une grâce intérieure : // a envoyé, dit l'Apôtre, son Esprit saint, qui crie au fond de nos cceurs\ Il crie, et sa voix s'élève contre nos passions, contre nos plaisirs, contre iiotre péché. De même que ces cœurs incirconcis, ^ruxquels s'adressoit saint Etienne, résisterons-nous toujours au Saint-Esprit^f Attendronsnous d'autres grâces avant celle-ci? Encore un coup, elle est la première ; et pour le pécheur qui lui résiste, il n'y a plus de salut.

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