LIV- II, CHAP. V
nous-mêmes , qu'elle nous abaisse jusqu'à la condition des animaux; tellement grands par Fautre, quelle nous élève jusqu'aux pures intelligences , composés à-la-fois de la boue de la terre et du souffle de Dieu. Aussi quelle est en nous la bonne pensée qui ne soft contrariée par un mauvais désir? quelle est Faction vertueuse que ne gâtent les peifides complaisances de Pamour-propre? où le péché ne se jette, pour ainsi dire , à la traverse? Souvent, plus malheureux encore, nous ne sentons pas même notre misère : exténués des maladies de notre ame, prêts à mourir, nous ioious persuadons être en santé, foibles, or- {[neilleux, capricieux, inquiets, et sur-tout rebeUes à la voix du médecin charitable, qui, sans te'e appelé, €t présente de lui-même pour nous guérir. Mettons-nous donc entre ses mains ; prenons une feime résolution de n'avoir de confiance qu'en lui , , de n*user que des remèdes qu'il nous offre, rejetant * absoJument ceux du monde, qui ne sont que de ^gereux palliatifs, ou plutôt des poisons. Lui seul va jusqu'à la racine du mal , et nous apporte une gnérison étemelle : sans lui, nous sommes des ma* lades désespérés. « Veuillez me guérir, Seigneur, et "^ Jaserai guérie »
' Jer. zviii, i4*
I30 l'imitation de Jésus-christ.
GHAPITilE VI.
De la joie d'une bonne conscience.
I . La gloire de Vhomme de bien est le témoignage de sa conscience * .
Ayez la conscience pure, et vous posséderez toujours la joie.
La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses, et elle est pleine de joie dans les adversités.
La mauvaise conscience est toujours inquiète et troublée.
Vous jouirez d'un repos ravissant, si votre cœur ne vous reproche rien.
Ne vous réjouissez que d'avoir fait le bien.
Les méchants n ont jamais de véritable joie, ils ne possèdent point la paix intérieure, parcequ'il ny a point de paix pour Vimpie * , dit le Seigneur.
Et s'ils disent : Nous sommes dans la paix , les
• IL Cor. I, 12. — * Is. Lvii, 21.