‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 103 sur 190 · Le Ch. Que ferai- je donc · texte numérisé non relu

Le Ch. Que ferai- je donc

5. J.-C. Veillez en toutes choses sur vous-même, pour connaître ce que vous devez faire ou dire; et que votre intention ait pour but de ne plaire qu à moi seul , et ne désirer et ne chercher rifsn hors demot. -•^

Vous devez encore ne juger jamais témérairement des paroles ou deS' actions des autres , et ne vous point mêler dans^ des choses dont vous n êtes point chargé.

Par-là il se pourra faire que vous serez peu ou rarement troublé. Car il n'appartient pas à la vie présente de ne jamais sentir aucun trouble, et de ne souffrir aucune peine d'esprit ou de corps ; c'est l'état du repos éternel.

Ne croyex donc pas avoir trouvé la vraie • l^aix, quand vous n'éprouvez rien qui vous fait peme ; ni que tout va bien pour vous, lorsque vous n'avez personne qui vous traverse ; ni que ce soit une marque de perfection en vous que tout. réussisse à votre gré.

Ne vous imaginez: pas non plus être quelque chose de grand, ni être spécialement favorisé Jorsque vous sentez en vous une grande dévotion et de grandes douceurs spirituelles; car ce n'est pas à ces signes que se connaît le véritable ami de la vertu , et ce n'est pas en cela que consiste le progrès et la perfection de Thomme.

4* I^ Ch. En quoi donc , Seigneur ?

S. J.^. C'est en vous offrant de tout votre cceur à la volonté divine , en ne cherchant vos intérêté^ni dans les petites choses, ni dans ies grandes, ni dans lé temps, ni dans l'éternité; en sorte que, regardant tout d'un même œil , et pesant tout dans une juste balance , vous me ren-

diez de continuelles action» de grâces du bien ou du mal qui vous arrive.

Si vous êtes dans votre espérance assez persévérant et assez fort pour disposer votrecœur, lorsque les consolations intérieures lui manquent, à supporter encore de plus grandes peines, et que loin de vous justifier, comme si vous ne méritiez pas tant de souffrir, vous rendiez hommage à ma justice et à ma sainteté , en quelque état que je vous mette; vous marchez alors vraiment dans le droit chemin delà paix, et Tespérance est indubitable que votis goûterez de nmweau la joie de ma présence. ( Job. 53. ^6. )

Que si vous pouvez arriver jusqu'à un parfait mépris de vous-même , sachez que vous jouirez alors d'une paix autant abondante que votre condition mortelle peut le permettre.

PRATIQUE

Il faut se sacrifier tout entier à la volonté de Dieu , et trouver tout égal ce que Dieu veut également ; c'està-dire, dans la pratique, i. ne désirer rien que ce que Dieu veut; a. ne refuser rien des maux que Dieu nous envoie; 3. s'établir dans un parfait mépris de soi-même, jusqu'à recevoir les humilia tions^ et les contradictions comme des choses qui nous sont dues; 4. demeurer ferme, fidèle et constant dans ce que Dieu veut de nous, quoiqu'on ne ressente ni consolation, ni goût, ni sûreté; 6. en un mot, se faire un plaisir du plaisir du cœur de Dieu, c'est-à-dire, de raccomplissement de sa sainte volonté.

PBIERE.

Oui, Seigneur, je veux dépendre en tout cela de votre domaine, me fier en vous, et m'abandoimer

tout à v^us , persuadé que mon salut ne peut être plus sûrement que dans le cœur de mon Sauveur.

Faites donc que je vive sous vos yeux et entre vos mains; c'est^-dire, dans un souvenir respectueux et continuel de votre présence, et dans une dépendance ' exacte de vos saintes volontés, sûr que vous aure? d'autant plus de soin de mon salut , que j'aurai plus de soin de vous plaire , de me baïr et de vous aimer. Ainsi soit-il.

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