‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 129 sur 190 · LIVRE Ul. fJHAr. XLV · texte numérisé non relu

LIVRE Ul. fJHAr. XLV

pas que d'en sentir latteinte^ qu'en doit* on attendre lorsqu'ils nous surprennent, sinon d'en être accablé ?

Mais pourquoi , malheureux que je suis»

nai-je pas été plus sur mes gardés?

Pourquoi aussi ai -je cru si facilement les paroles des autres ? C'est que nous sommes des hommes , et rien autre que des hommes fragiles , quoique jplusieurs nous estiment et nous appellent des Anges.

A qui me fierai- je? à qui. Seigneur, sinon à vous ? Vous êtes la vérité qui n« trompe point et qui ne peut être trompée.

Tout homme y au contraire, estmentev/r ( Ps. ii5. 2 ), faible, inconstant, et sujet surtout à s'échapper en paroles; en sorte qu'il faut à peine le croire d'abord, quelque apparence de droiture qu'il y ait en ce qu'il dit.

« 4* Qu^ \ùVL^ nous avez avertis avec sagesse , en nous disant qu'tï faut se gar^ der des hcmvfteê , que Vhom,me a pour ennemis ceuao de sa propre maison , et qu'il ne faut pas- ajouter foi à tous ceux qui diront : Le Christ est ici y ou, il est iàl (Mich. 7. 6, Matth. 10. 17. Ibid. 24, a3.). ^

Je lai appris à mes dépens; et Dieu veuille que ce ne soit pas â ma confusion » mais que cela serve à me tenir plus sur mes gardes.

Soyez discret, me dit un homme, soyez discret, gardez en vous ce que je vous

dis; et pendant q\ïe je me tais, et que je ^rois son secret bien caché /il ne peut observer lui-même le silence qu'il m'a recommandé : mais il me quitte, et dans Tinstant il se trahit lui-même, aussi bien qne moi.

Seigneur , préservez-moi de ces grands parleurs et de ces indiscrets, afin que je ne tombe point dans leurs mains, et que je ne commette jamais rien de semblable.

Mettez dans ma bouche desi paroles vraies et solides, et ôtez à liia langue tout artifice. Je^dois mettre i tous mes 'soias à m'abstenir d'un déguisement que je ne puis moi*métne souffrir. *•

5. O que c'est une chose bonne et qui contribue à la paix, de ne rien dire des autres, de ne pas tout croire indifféreni;* ment, d'être réservé à s'en entretenir, de se découvrir à peu de personnes, de vous rechercher sans cesse, vous qui voyez, le fond des cœurs;. de: ne pas selaisseï^ aller au premier vent des paroles, mais, desouhaiter que tout s'àccoraplilsse.au dédans et au dehors' selon le ibon plaisir de votre volonté !

Que c'est un moyen sûr pour coniserver la grdce divine, de fuir ce qui éclate aux yeux des hommes, et (de ncpoimlj désirer CJ5 qui semble procurer de l'admiration au dehors; mais de^.s'appliqiter avec tout le soin possible à ce qui produit ;i l'amendement et la ferveur ! ^

Page 1