‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 138 sur 190 · LIVRE m. CHAP. L · texte numérisé non relu

LIVRE m. CHAP. L

qui vous parait précieux, et de blâmer que vous regardez avec dégoût.

Ne permettez pas que je juge des chos selon qu* elles paraissent extérieur ment aux yeux y ni que j* en décit sur ce que j* entends dire av^ personn ignorantes ( Is. 1 1 . 3 ) ; mais faiteS-m discerner par un jugement véritable 1 choses visibles et les spirituelles, et r chercher toujours et sur toutes choses disposition de votre bon plaisir.

8. Les sens des hommes sont souvei trompés dans leurs jugemens; les ami teurs du siècle se trompent aussi c n aimant que les choses visibles.

Un homme en est-îl meilleur, poi être estimé plus grand qu'il n est par v autre homme? En l'élevant ainsi, c'e un trompeur qui en trompe un autr< c'est un homme vain qui se joue d'u homme vain, un aveugle qui séduit u aveugle, un malade qui abusQ un ma1ad< et ces vaines louanges servent d'autai plus à le déshonorer véritablement. C( l'homme n*est que ce qu'il est cl vc yeux s et rien de plus , comnie d l'humble saint François d'Assise.

PRATIQUE

Comme Dieu est la pure le souveraine et la sainte par essence, ainsi , pour le posséder dans le Ciel , il soin d'épurer les âmes en cette vie par les peines l plus dures et les plus humiliantes, et dans le Purgî toire, parles douleurs les plus cuisantes et les pli vives. C'est par-là qu'il les met dans le degré c

pureté qu^elles doivent avoir pour entrer dans la possession éternelle et bienheureuse de sa sainteté. Ainsi ce que doit faire une âme fidèle à correspondre aux desseins de Oieu sur sa sanctification et son 'salut, est, i. de vivre dans une pureté dç cœur qni l'éloigné de tout péché volontaire, de toute attache humaine ,■ et surtout des recherches de son amour-propre, de ses fautes d'habitude, et de la propriété de sa volonté j a. c'est de l'engager à recevoir avec soumission , de la main et da cœur de J.-G. , les peines les plus humiliantes et les plus contraires à son inclination; 3. c'est de soutenir et de combattre incessamment les tentations les plus violentes et les plus importunes , avec un reconrs perpétuel à Dieu , et une confiance généreuse en sa bonté; 4. c'est de lui faire porter dans ses peines une disposition continuelle de compoDCtion , de mortification et d'horreur du péché : disposition qui l'empêche d'y succomber j 5. c est de l'obliger de veiller incessamment sur ses sens et sur son cœur, pour ne pas y donner entrée à une satisfaction sensuelle ou trop humaine; 6. c'est enfin de la rendre humble, dépendante, petite, et comme anéantie sous la main de Dieu, pour .ne vouloir que ce qu'il veut , et se faire un bonheur de ce qu'il veut j même AU milieu des plus grands accablement^

PRliR£.

Qu'il s'en faut beaucoup, ô mon Dieu! que je sois ainsi humble^ fidèle et résigné dans mes accabl émeus! Je me dis , pour m'excuser , que c'est qUe j'appréhende de vous y offenser , et que mes peines ne soient des péchés : mais ne le savez-Vous pas mieux que moi, G le Père des miséricordes 1 et le Dieu de toute consolation? Ne voyez-vous pas ce danger, et ne suffitil pas à un aussibon Père que vous l'êtes de connaître le péril oii je suis pour mon salut, et le besoin que j'ai de vous , pour vous engager à me secourir? Hélas \ Seigneur, ne m'abandonnez pas à moi-même, et ne me livrez pas , comme je le mérite, aux désirs de mon cœur. Souvenez-vous, o mon Jésus ! de ce que je vous ai coûté, et ne laissez pas perdre en moi le fruit de votre sang et de votre mort. Je désire ardemment la paix que vous donnez à vos enfans, et je ne trouve en moi que de l'agitation et du. trouble. Pourquoi

LilVn£ 111. CitlAf. 1^1. sJKJ'i

sûls-)e ainsi si fort opposé à tout bien, et si porte à tout mal? Pourquoi vois-je si souvent mon âme plongée dans le sentiment déi^églé de ses passions, et comme emportée parles premiers mouvémens dans tout ce qui est contraire à votre sainte volonté? Je gémis de la corruption de mon cœur, et j'attends de vous seul la délivrance de cette triste servitude, et comme la rédemption de mon corps. 11 est juste que je souffre pour mes péchés; mais il n'est pas juste que je pèche en souffrant. Ah ! mon Dieu , ne permettez pas c[ue mes peines vous offensent et me perdent; mais faites qu'elles me sanctiEent et qu'elles me sauvent. Ainsi S0Jl-ii:

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