‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 139 sur 190 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

Ov'iL FAUT s'àTTAGHEA AUX CEUT&ES BASSES ^ QUAN1> ON MANQUE DE FORGE POUR LES SUBLIMES.

Mon fils, vous n'êtes pas^ toujours capable de vous maintenir dans un fervent désir des vertus, ni de persévérer dans un haut degré de contemplation : mais la corruption originelle vous oblige quelquefois à vous rabaisser vers les choses inférieures , et à porter, même malgré vous, et avec ennui, le fardeau de cette vie corruptible.

Tant que vous serez dans un corps mortel, vous ressentirez des dégoûts et des peines desprit. Il faut donc que, revêtu de chair, vous gémissiez souvent du poids de cette chair, qui vous empêche de vous appliquer sans interruption aux exercices spirituels et à la contemplation divine.

lTion de j.-c. 1

a. Il TOUS est expédient alors da?oir recours à des œuvres huifibies et extérieures, et de vous délasser par de bonnes actions ; d'attendre avec une ferme confiance ma venue et ma visite céleste , et de supporter patiemment votre exil et la sécheresse de votre cœur , jusqu'à ce que je vous visite de nouveau , et que vous vous trouviez délivré de toutes vos peines.

Car je vous ferai perdre le souvenir de vos travaux, et jouir d'un repos intérieur.

Je vous découvrirai le champ des Ecritures, afin que vous commenciez ri cov/nr à cœur ouvert dans la voie de mes commandemens (Ps. ii8. 32); et vous direz: l^s souffrances de cette vie n'ont point de proportion avec la gloire future gy^^ sera ^nanifeslée en nous. (Rom. 8. iS*)

Qu'il y a de diflference entre la sainteté àts Bienheureux dans le Ciel , et celle des hommes sur w terre! l'une est exempte de peine, et pleine de douceur , et l'autre est remplie d'amertume et de voxsères : Tune est propre au séjour délicieux de ooirc patrie , et Taulre convient à la demeure affligean^^ de noire exil : dans l'ëternitë^ nous aimerons Dieu, en le possédant et jouissant de la félicité ^^^^^^ cœur ; et dans le temps , nous l'aimons en soufii'an pour lui, et en portant la Croix de J.-C- av

Satience. Là , nous serons contens de Dieu , cf *"' 'en être aimés toujours ; ici , nous ne savons si no le contentons , et si nous l'aimons. Ainsi , dans n ^ sécheresses et dans nos ennuis, employons -nou taire' quelque chose à l'extérieur pour Dieu , P^^'^^ii^ nous ne trouvons rien au dedans qui jaous rapP sensiblement à lui j mais en même tennps ne "^^j geons rien des exercices intérieurs de 1 oraison,

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Tesprît ikitërieur , et du recours perpétuel que nous devons avoir à Dieu pour nous soutenir.

FBIJÈHE.

0 mon Dieu ! jusqu'à quand durera cet exil triste et rigoureux qui m'éloigne de voire vue , et qui mô met dans l'incertitude de mon bonheur éternel , et même en danger de me perdre? Que j'ai peiue à me souflrir si faible , si misérable et si souillé de péchés en votre présence ! Seigneur , ne vous dégoûtez point de moi. «le ne me console point de me voir comme exilé de votre cœur ; rappelez- moi , ô mon Dieu ! rappelez-moi à vous par le recueillement en votre présence, qui supplée au défaut de votre vue , et qui me console , en pensant souvent à vous , du malheur que j'ai de ne pouvoir encore vous voir et vous posséder. Ainsi soit-il.

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