‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 145 sur 190 · LIVRE III. CHAP. E.Y. C^aO · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP. E.Y. C^aO

dans un état de bonté et de justice, se prend maintenant pour le vice elTinfirmité de la nalûre corrompue, d autant que les mouvemens qui lui restent nous entraînent au mal et au:i choses de la terre. Car le peu de vigueur qui lui est demeurée est comme une étincelle cachée sous la cendre.

Cette étincelle est la raison naturelle, enveloppée d'épaisses ténèbres, laquelle conserve encore le discernement du bien et du mal, du vrai d'avec lè-faux , quoiqu'elle soit dans l'impuissance d'exécuter tout ce qu'elle approuve , et qu'elle ne jouisse plus de la pleine lumière de la v^ité, ni d'une saine constitution dans ses désirs;

3. De là vient, mon Dieu, que je me pla/U dans votre loi seù)n Vhomme intérieur ( Rom. 7. 22 )\ conraincu que vo» eom^nandemens sont hons^ justes et saints (Ib. is ) , et que je me dis qu'il faut fuir tout ce qui est mal et péché.

Mais y e svAs par la cfiair asservi à ia ici du péché (Ib. â5 ), quand j'obéis plutôt à la sensualité qu'à la raison. Ainsi je Ptowve en moi la volonté de faire le hien, sans tPou^er le fnoyen de l'aocotnpiir. ( Ib. 1 8. )

C'est ce (fui fait que je forme plusieurs bonnes résolutions^ ; mais, parce que^la grâce me manque pour soutenir mpn infirmité, je quitte prise à la moindre résistance , et je perdff courage.

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De U vient que je connais la voie de la perfection, et que je vois assez clai-r rement comme je dois me comporter; mais, accablé du poids de ma propre corruption, je ne m'élève point Mrs ce qui est le plus parfait.

4. O que votre grâce» Seigneur, m'est nécessaire pour commencer le bien , pour m'y avancer , et pour me parfaire ! Car je ne puis rien faire sans çlle ; mais je p%iis tout en vous y si . votre grâce me fortir fie. ( Philip. .4* *5. )

O grâce vraiment céleste, sans laquelle il n y a point de propres mérites , et sans laquelle tous les dons de la nature ne doivent être comptés pour rien I San»

elle, ô Seigi^rl les arts, les richesses, le beauté, la force, Tesprit, Téloquence, ne sont d aucune valeur "devant vbus.

Car le» dons de la v nature sont corn-* muns aux bons et aux mécbans : mais le don propre des élus est la grâce ou la charité, de laquelle étant revêtus, ils sont jugés dignes de la vie éterjoelle.

Cette grâce est si relevée* que ni le.don de prophétie, ni l'opération des pairacles, ni la plus haute contemplation, ne sont d'aucune considération sans ^Ue-

Lafoi même, Tespérance, ni ks autt*es vertus , na vous sont point agréables 9t^ns la charité et sans U\ grâce, »

5. O bienheureuse grâce l qui enrichissez en vertus le pauvre d'esprit, êl qui

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