LIVRE in. CIIAP. tV
rendez humble de cœur celui qui est riche en plusieurs dons, venez, descendez en moi, remplissez-moi de vos consolations dès le matin, de peur que mon âme, par un e^cès de lassitude et d'aridité, ne tombe en défaillance.
Je vous demande. Seigneur, avec instance . de trouver grâce devant vos yeux : Car votre grâce me suffit (2. Cor. 12. 9), quand je n'obtiendrais rien de tout ce que la nature désire.
Quelques tentations qui m'arrivent, et de quelques tribulations que je sois agité, je ne craindrai point. les maux tant que votre grâce sera avec moi.
C'est elle qui est ma force, et c'est elle qui me donne conseil et secours. Il n'y a point d'ennemis si puissans qu'elle; elle est plus sage que tous les sages ensemble.
6. Elle est la maîtresse de la vérité, la règle de la discipline , la lumière du cœur, la eonsolatiou dans l'oppression; elle chasse la tristesse, dissipe la crainte, pourrit la dévotion, et produit les Wmes.
Que suis-je sans elle? qu'un bois sec, un tronc inutile, destiné au rebut: X«/K< {
Qtie /votre grâce j donc. Seigneur j me prévienne et m accom^pagne toujours^ et qu'elle m* applique sans cesse à la pratique des bonnes œuvres. Par J',C. , votre Fils. Ainsi sditU. (Oraison du XVI* Dijpaaochç après la Pentecôte. )
PRATIQUE
Nous nous faisons justice en nous déliant de nos propres forces, et nous la faisons à Dieu en nous connant dans le secours de sa grâce. Cette grâce ne nous manque jamais , mais nous manquons souvent d'y. correspondre; et Tunique moyen d'assurer son salut, c'est d'clre fidèle aux mouvemens de la grâce, puisque cette fidélité renferme la pratique des vertus et de tous les moyens de notre sautt.
La nature humaine ayant été corrompue par le pécbé du premier homme , la peine de cette cor* ruption , aussi bien que la tache de son péché , est passée dans tous lès nommes ; et d'est ce qui nous oblige de combattre incessamment les mouvemens déréglés de la nature, pour suivre ceux de la grâce. San» cette sainte haine de nous-mêmes, qui nous engage à nous renoncer et à nous vaincre, il est impossible de nous sauver : oar, dans l'état d'innocencie tout étant ré^lé dans l'homme , et soumis à Dieu par la justice originelle , les pas£»îons ne se fussent pas révoltées contre la raison ; mais , dans l'état de péché où nous sommes, notre cupidité et notre penchant au mal étant notre plus grand ennemi , nous ne devons point cesser de les combattre que nous ne cessions de vivre.
PBIÂBB.
Quand sera-ce , ô mt)n Dieu l que votre grâce régnera daos mon cœur , et qu'elle en assujétira tous lea mouvemens- à votre amour? Qui connaîtrait bien. Seigneur, l'excellence et le prix de cette grâce, laquelle est une participation de votre nature divine, at comme une effusion sainte de votre bonté dans les âmes , aimerait mieux tout perdre que de la perdre , et sacrifierait tout à sa conservation.
Quand' je considère , ô mon Sauveur ! ce que ces grâces , que je rebute ou que je néglige , vous ont \ cojiUé de sang et de douleurs pour me les méiitâr, que. j'ai de confusion devant vous d'en faire un si mauvais usage, et de leur préférer des bagatelles f Maia qu0 le compte terrible que je dois rendre un jour de. ces it^spirationsi négligées , comme d'autant de gouttes dé voire sang dissipées ou profanées , me donne une juste frayeur , et doit m'inspirer la
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fidélité constante à Ijps suivre , poui: assurer Tnon salut. Ainsi soit-îl.