‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 172 sur 190 · LIVRE IV. CHAP. XI. -■ Ï^TDÔ · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. XI. -■ Ï^TDÔ

elle? où est leffusion abondante de ce3 saintes larmes ?

Certes tout mon cœur devrait être enflammé , et pleurer de joie en votre présence et en celle de vos saints Anges. Car je vous ai véritablement présent dans ce mystère , quoique vous y soyea caché sous une espèce étrangère.

s. Aussi mes yeux ne pourraient pas vous voir dans la clarté divine qui vous est propre , et le monde entier ne pourrait pas subsister devant la gloire éclatante de votre m^^esté. En cela donc vous avez égard à ma faiblesse, q.uand vous vous cachez dans le Sacrement.

Je possède véritablement et ; adore celui que les Angas adorent dans le Ciel; mais je ne Tai encore que par la foi, au lieu qu'ils le voient face à £ace et sans voile.

Il faut que je me contente de la lumière de la vraie foi, et que j'y marche jt^^^tt' ci ce qxue le jour de la clarté éternelle ccmmenée à iuire, et qtie les ombres des figures êe dissipent. (Cant. 2. 1^. )

Mais, quand ce qui est parfait sera venu (1. Cor. i3. 10), l'usage des Sacremens cessera , parce que les Bienheureux dans la gloire céleste nont pas besoin de ce remède.

Car ils sont comblés d'une joie sans fin en la présence de Dieu , contemplant sa gloire face à face ; et , transformés de

f LIMITATION DE J.-C.

aièrc en lumière dans labîme de la ânité , ils goûtent le Verbe de Dieu t chair, tel qu'il a été dès le commennent, et qu'il demeure dans Tétetnité.

5. Quand je me rappelle ces merveilles , ites les consolations^ même les spirilles, me causent un fâcheux ennui; rce que , tant que je ne vois point à couvert mon Seigneur dans sa gloire , compte pour rien tout ce que je vois tout ce que j*entends dans le monde.

Vous m'êtes témoin, mon Dieu, que lie chose ne peut me consoler, que Ile créature ne peut me donner de 30S, si ce n'est vous, ô mon Dieu! que désire contempler éternellement.

Mais ce ne m'est pas une chose poslie dans le cours de cette vie mortelle; st pourquoi il faut que je me dispose me grande patience, et que je me Bou- ;tte à vous dans tous mes désirs.

C'est ainsi, Seigneur, que vos Saints, i se réjouissent maintenant avec vous ns le royaume des Gieux , ont attendu ;c foi et ayeç une grande patience, [idant leur vie, l'avènement de votre ire. Je crois ce qu'ils ont cru, j'espère qu'ils ont espéré, j'ai confiance, avec secours de votre grâce , d'arriver où ils it parvenus.

Te marcherai cependant par la foi ,

tifié par les exemples des Saints. J'au-

aussi les saints Livres , pour être ma

consolation et le miroir de ma \ie; et^. par-dessus tout, jatirai votre très^^saint Corps pour mon remède souveraîa et pour mon refuge

4^ Car je sens qu'ici-bas deux choses me sont tout-à-fait nécessaires , et sans lesquelles cette misérable vie me serait insupportable. ^

J'avoue qu'étant renfermé dans la prison de ce corps , j'ai besoin de deux choses , de nourriture et de lumière. Aussi vous avez donné à ma faiblesse votre Chair sacrée pour être la nourriture de mon âme et de mon corps, et vous m'avez laissé vapre paroie pov/f être ia iampe q'u/i éclaire mes pas. (Psa-1. 1 18. io5. )

Je ne pourrais pas vivre sans ces deux choses : car la parofe de Dieu est la lumière de mon âme , et votre Sacrement est lé pain de vie.

On les peut encore nommer les deux tables qui sont placées deçà et delà dans le trésor de votre Eglise. L'une est la table de TAutel sacré où est un Pain sanctifié, c'est-à-dire, le précieux Corps de J.-G ; Tautre est la table de la Loi divine, qui contient une doctrine sainte , qui enseigne la vraie foi, et qui conduit en sûreté jui^qu'au dedans du voile où est le Saint des Saints.

, Je vous rends grâces, ô Seigneur Jésus ! lumière de la lumière éternelle ! pour cette table de la doctrine sacrée ,

que vous nous avez préparée par vos serviteurs les Prophètes, les Apôtres et les autres Docteurs.

5. Je vous rends grâces , ô Créateur et Rédemptettr des hommes! do ce que, pour faire connaître votre charité â tout le monde, vous avez préparé un grand

dfestin où vous nous présentez à manger , non plus TAgneau figuratif, mais votre très-saint Corps et votre Sang, comblant de joie tous les fidèles par cette nourriture sacrée, et les enivrant de oe breuvage salutaire , où se trouvent toutes les délices du Paradis, et où les saints Anges mangent avec nous , mais avec plus de goût et de bonheur.

6. O que le mhiistère des Prélres est grand et honorable, auxquels il a été <lonné de consacrer par leurs paroles* saintes le Dieu de .majesté , de le bénir de leurs lèvres , de le tenir entre leurs mains , de le recevoir dans leur^bouche , et de ie donner aux autres.

O combien les mains du Prêtre doivent-elles être nettes ! combien sa bouche doit-elle être pure! combien son corps doit-il étr-e saint ! combien son cœur doitil être exempt de tache, lui qui reçoit si souvent l'Auteur de toute pureté.'

De la bouche du Prêtre qui reçoit si souvent le Sacrement de J.-C., il ne doit sortir que des paroles saintes , honnêtes et utiles.

7. Ses yeux, qui sont accoutumés à regarder le Corps de J.-G., doivent être simples et chastes; ses mains, qui touchent ordinairement le Créateur du Ciel et de la terre, doivent être pures et élevées vers le Ciel. •

C'est aux Prêtres particulièrement qu'il est dit dans la loi : Soyez saints , parce que je suis Sainte moi qui suis le Seigneur votre Dieu. ( Lev. 19. 2 . et 20. 7. )

8. Que votre grâce nous assiste , ô Dieu tout-puissant ! afin qu ayant embrassé Tétat du Sacerdoce, nous puissions vous y servir dignement et avec dévotion , dans toute la pureté d'une bonne conscience.

Et , si nous ne pouvons pas nous comporter avec une innocence de vie telle que nous le devons, accordez-nous au moins la grâce de pleurer comme il faut les fautes que nous avons commises, et de vous servir à l'avenir avec plus de zèle, dans Thumilité du fcceur, et la résolution d'une bonne volonté.

PRATIQUE

Sur la lectuî'e de^ livres sainfs , qui doit servir de disposition à la sainte Communion, el en conseiver le fruit dans Vdme,

Dieu donna autrefois aux Israélites dans le désort une colonne de nuée ardente et lumineuse pour les éclairer, et la manne pour les nourrir durant le voyage qu'ils faisaient vers la terre promise. Ainsi notre Seigneur a donné aux Chrétiens les livres saints pour les éclairer \ et le Sacrement adorable de

son Corps et de son Sauff , pour les nourrir dans le voyage qu'ils font au Ciçl. Ils doivent donc se servir souvent de riin et de Tauti-e pour y arriver ; de là lecture -des livi-es saints, pour ne pas s'éearer , et de la divine Eucharistie , pour se fortifier dans la voie étroite du Paradis. *

C'est pourquoi , la veille du jour qu'on doit communier , et le jour qu'on le fyh , il est bon de lire quelque livre ae piété qui traite du saint Sacrement , pour entretenir dans son âme cet esprit de ferveur , de fidélité et d*amour envers Dieu , et ce feu sacré que J.^C. lui-même est venu ou doit y venir allumen

" ' i que J.-C. fit à très-^aint Sacre-^ livres dans les sentimens avec lesquels l'Esprit saint les a faits , les lire avec la foi , le respect et la docilité qu'ils méritent et qu'ils inspirent à ceux qui les lisent bien et souvent ; les lire avec l'attention due à la présence de Dieu , avec un désir ardent d'en profiter et de s'en nourrir , et avec un recours plein de confiance à l'Espnt saint qui les a dictés.

O mon Sauveur! qui nous avez fourni si abondamment des livres saints, pour nous servir comme jd'un flambeau lumineux et ardent, qui nous retire ou qui nous préserve des égaremens' dangereux au salut de nos âmes^ éclairez nos es{>rits des vérités que nous

Îr lisons , et touchez nos cœurs du désir emcace de es pratiquer. Faites qu'elles nous servent de consolation dans nos peines, de soutien dans nO^ accableraens , et de règle dans toute notre conduite.

Mais faites en même temps , ô Verbe incarné I faites que nous écoutions votre voix,, qui nous parle au cœur en lisant votre Evangile j et que, par le respect

3ue nous devons à votre divine parole, nous tâchions e la mettre en pratique dans les occasions où nous en avons besoin , puisqu'il n'est pas moins nécessaire de pratiquer les maximes saintes de l'Evangile , que de les croire. Ainsi; soi t-il.

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