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CHAPITRE XII

QUE CELUI QUI VEUT BECEVOIE JESUS-CHRIST DOIT s't PEÉPÀEER AVEC UN GRAlfD SOIN.

lises -CflEIST.

Je suis ami de là pureté, je suis celui qui donne toute la sainteté. Je cherche un cœur pur, et j en fais ic lieu de mon repos.

Préparez-moi tune grande $aUe meu^ àiée^Je ferai ches votis la Pàque avec mes DiscipUsi ( Marc. i4* iS; Luc. 22, 12. ) Si vous voulez que je vienne d vous» et que j'y demeure, purifiez ^votts du vieux ievain ( 1 . Cor. 5.7;, et nettoyez la maison de votre cœur. Bannissez -en tout le siècle et tout le tumulte des vices.

Sayez^ comme un passereau soH^ taire su/r son toit j et pensez aux excès de votre vie dans i*amerttMne de voire âme. ( Ps. 101. 8. Isi 38. i5.)

Car toute personne qui aime prépare le lieu le meilleur et le plus beau à l'ami dont il est aimé; parce que cest en cela que se fait connaître Taffection avec la^ quelle on reçoit celui que Ton aime.

2. Sachez toutefois que vous ne pouvez vous acquitter de cette préparation par le mérite de vos œuvres , quand vous y

emploieriez une année entière , et que TOUS n'auriez autre chose dans l'esprit.

Mais c est par ma seule bonté et par ma grâce qu'il vous est permis de vous approcher de ma Table « comme un pauvre qui serait invitera la table d un riche, et qui u a autre chose a lui rendre pour son bienfait que de s'humilier profondément et de l'en remercier.

Faites ce qui est en vous , et faitesrle avec soin; recevez, non par coutume ni par contrj^inte, mais avec crainte, avec respect et avec amour , le Corps de votre Seigneur bien-aimé , qui daigne venir â vous.

C est moi qui vous ai invité, qui vous ai commandé d'approcher. Je suppléerai à ce qui vous manque. Venez et recevezmoi.

3. Quâfod je vous accorde la grâce de la dévotion, remerciez-en votre Dieu; non parce que vous en êtes digne , mais parce que j ai eu pitié de vous. Si cette dévotion vous manque, mais qu'au cop-^ traire vous vous sentiez dans la sécheresse, persévérez dans la prière, gémissez, frappez à la porte , et ne cessez point jusqu'à ce que vous méritiez de recev^r une miette ou une goutte de cette grâèe salutaire.

Vous avez besoin de moi , et je n'ai pas besoin de vous. Vous ne venez pas à moi pour me sanctifier; mai3 c'est moi

qui viens à vous , pour tous sanctifier et vous rendre meilleur.

Vous y venez pour y recevoir de moi votre sanctifiication , et pour être uni à moi, afin de recevoir une nouvelle grâce, et de brûler d un nouveau zèle pour votre amendement.

Gardez-vous de négliger cette grâce; mais préparez votre cœur avec toute la diligence possible, et l'aites-y entrer votre Bien-Aimé.

4. Au reste, vous ne devez pas seulement vous exciter à la dévotion avant la Communion , mais il faut encore vous y maintenir après Tavoîr reçue ; et vous n'êtes pas moins obligé à la vigilance qui la doit suivre qu*à la bonne préparation qui la précède : car cette exacte vigilance qui la suit sera encore une merveilleuse préparation pour obtenir une plus grande grâce.

En effet , celui qui se répand aussitôt en des consolations extérieures, se met par-là dans une bien mauvaise disposition^. Abstenez-vous de parler beaucoup , demeurez dans le secret, et jouissez de votre Dieu; car vous possédez celui que le monde entier ne peut vous ôter.

Je suis celui à qui vous devez vous donner sans réserve ; en sorte que désormais dégagé de tous soins , vous viviez, non plus en vous , mais en moi.

PRATIQUE

Comment il faut se nourrir du corps et du Sang de

Jésus-Christ.

CoBiM£ la sainte Eucharistie est ua Sacrement qui nous fait trouver le Ciel sur la terre , et Dieu même en nous, et que c'est le grand pr6dige de Tamour de Dieu envers les hommes; ainsi , pbur en profiter , il faut en approcher avec une yive foi, une fermé espérance, et un ardent amour pour J.-G. Mais il faut en même temps espérer qu'il suppléera en nous au défaut du sentiment de ces trois vertus , en nous les imprimant lorsque nous communierons souvent, et que nous tâcherons de le bien faire. Aidsi ceux

cela se priver delà Communion , qui leur est néces-» saire pour les engager à pratiquer les vertus du Christianisme et les devoirs de leur étatj mais ils doivent recevoir J.-G. pour le besoin qu'ils ont de lui^

Les saints Martyrs de la- primitive Eglise ^ avant que de comparaître devant leurs Juges, poup y. soutenir les vérités de ia foi , étaient accoutumés de eemmunier; ils ne croyaient pas sans cela, dit S; Cyprien, être en^ état ni avoir la force de souffrir le martyre. Ainsi les Chrétiens, pour combattre leurs

Sassions ; et pour résister aux tentations du démon , oivent se, revêtir et comme se nourrir de la vertU' du Coipset du Sang de J.-C. , sans quoi ils sont eur danger de succomber et de se perdre.

BRlÂfiE.-

O haon Jésus ! ô pain dés Auges ! ô nourriture- divinle et nécessaire à mon âme ! hélas ! que ferait cette âme sans vous? Qu'elle aurait raison de dire avec le Prophète : Mon coeur est tombé dans le relâchement, dans la langueur et dans un dessèchement funeste à. son saJut, «parce que je me suis oublié, ou que j'ai négligé de me nouirir du pain nécessaire à ma vie. Vous avez dit dans rÉVangilè que , si vous laissiez aller le peuple qui vous suivait, sans lui dpnner

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dé quoi manger , il tomberait en dëfaillance dans le chemin. Cest le malheur qui arriverait à mon âme , ô mon Sauveur 1 si elle ne se nourrissait de volrè Corps et de votre Sang. Faible d'elle-même, comme elle est ^ et afîaiblie parTëloieneinent-du Sacrement de l'Eucharistie , qui est. sa force et sa vie , elle tomberait bientôt dans un ëtat de tiédeur et d'^abandonnement à ses passions dangereux pour son salât.

Gomment, ô mon Jésus! comment seriez-vous le Dieu de mon cœur , et mon partage pour rétemijlé , si vous n'en preniez possession danâ ta Communion , pour ébaucher en' lui sur la terre les liaisons saintes que vous voulez qu'il ait avec tous dans le ciel'i Tenez, donc , mon SauTeur, Tenez souvent en moi , pour ne vous en séparer jamais. Ainsi soit-ilv

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