‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 182 sur 190 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Ql E NOUS DEVONS DfiÇOtJVBIR KOS BBSOINS ▲ J.-C » ET £UI DEMANDER SA GRACE.

LE CHRETIEN

O TRÈS -DOUX et très-aimable Jésus, que je désire dans ce moment recevoir avec dévotion ! vous connaissez ma faiblesse et mes besoins ; vous savez en combien de maux et de vices Je suis plongé , et combien de fois je me trouve appesanti , tenté , troublé et souillé de crimes.

Je viens à vous pour chercher remède; je m'adresse à vous pour trouver de la consolation et du soulagement.

lit V Al!* IV. t±iAr. JLVI. —ij^xjj ' -.

Je parle à celui qui sait tout, et qui voit à découvert tout ce qui est au dedans de moi| à vous, qui pouvez seul me consoler parfaitement, et massisfôr. Vous savez quels biens surtout me sont nécessaires , et combien je suis pauvre en vertus.

2. Me voilà devant vous, pauvre et dénué, vous demandant grâce, et implorant miséricorde. Rassa8ie:^la faim dece pauvre mendiant; échauffez ma froideur par lé feu de votre amour; éclairez mon aveuglement par la clarté de votre présence.

Tournez pour moi en amertume toutes . les choses de la terre ; faites servir à ma patience tout ce qu'il y a de fâcheux et de contraire, et que tout ce qu il y a de créé ici^bas me soit un sujet de mépris et d oubli. Elevez mon cœur à vous dans le ciel , et ne souffrez pas que je me dissipe sur la terre.

Que dès ce moment jusqu'à jamais je ne trouve de douceurs qu'en vous seul , parce que vous seul êtes ma nourriture et mon breuvage, mon amour et ma joie, ma douceur et tout mon bien.

3. Qu'il vous plaise m'échauffer parfai*tement par votre présence, m'embraser, et me transformer en vous ; afin que je devienne un même esprit avec vous , par la grâce d'une union intérieure, et par l'effusion d'un amour ardent. Ne souffrez pas que je sorte d'auprès de vous affamé et altéré; mais agissez avec moi selon votre miséricorde , comme vous avçx sou-

vent agi avec vos Saints d'une manière admirable.

Quelle merveille serait-ce, si^étanttout enflammé de vous, j'étais entièrement consumé en moi-même s puisque vous êtes un feu toujours ardent, et qui ne s'éteint jamais ; un amour qui purifie le

cœur, et qui éclaire 1 esprit !

2>c ce chapitre et du chapitt'e suii^ant.

Le Fils de Dieu , après avoir eoseignë par ses paroles , moDtré par ses exemples , et mérité par ses grâces les vertus essentielles et nécessaires au salut d'un Chrétien , a voulu instituer le Sacrement adorable de TEucharistie , pour venir lui-même les imprimer dans DOS cœurs. Entre ces vertus chrétiennes, une des pren)ières est l'humilité dont J.-C. nous donne un grand exemple au très-saint Sacrement; car il, y est caché, anéanti et inconnu. Duraint sa Tie^ toutes les perfections de sa Divinité étaient cachéeset comme anéanties dans son humanité; mais aii trèssaint Sacrement son humanité même y est cachée à nos yeu3^, et rien n'y paraît d'un Homme-Dieu qu'aux yeux de notre foi. Voilà ce que nous devons être dans le monde, et en quoi il faut imiter cette humilité et cet anéantissement de J.-G. au très-saint Sacrement : I. aimer la vie cachée et abjecte ; a. fuir et mépriser les louanges , la considération et les honneurs , et agréer le mépris , comme une chose due à des pécheurs tels que nous sommes ; 5. tâcher d'être jgens de bien, sans vouloir le paraître, et faire nos actions , noi; à dessein d'être viis et estimés des hommes, mais seulement pour plaire à Dieti; 4. être persuadé que l'homme ne peut honorer Dieu plus excelleipmeqt qu'en s'abaissnnt et s'humiliant devant lui ; 5. céder aux personnes emportées, pour le bien de la paix; 6. n'agir jamais par respect humain, mais par l'irnpression d'une crainte respectueuse qu'on doit avoir pour Dici;; 7. ne parler ni bien de soi , ni mal des autres.

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