‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 25 sur 190 · LIVRE I. CHAP. xn · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAP. xn

nous rendre humbles , et à nous préser-^ ^e^ de la vaine gloire.

Car, quand les hommes nous* méprisent au dehors , et ne jugent paB bien de nous, c'est alors que nous sommes plus disposés à chercher Dieu pour témoin de notre conscience.

^. C'est pourquoi l'homme se devrait . tellement affermir en Dieu, qu'il ne fût point obligé à chercher si souvent des consolations humaines.

Quand un homme dont le cœur est droit se sent affligé ou tenté, ou com*battu de mauvaises pensées » il reconnaît alors mieux que jamais le besoin qu'il a de Dieu, sans lequel il voit bien qu'il ne peut rien faire de bon. C'est alors qu'il s'attriste, qu'il gémit et qu'il prie, afin d'être déKvré des maux qu'il souffre.

Alors il s'ennuie de vivre si long-temps, et il souhaite de mourir, afin qu'étant dégagé des liens du corps, il puisie être avec J.-C. Alors il s'aperçoit qu'il ne peut y avoir en ce monde de parfaite sûreté , ni de paix solide.

PRATIQUE;

On doit regarder les contradictions comme des épreuves de la charité , qui Fépurent et la rendent surnaturelle en nous. Si tout le monde avait pour nous la considération et les. ménagemens que notre amoun-propre désire, et qu'il nous fait acqrqire souvent que nous méritons, nous n'aurions pour le procliain qu'un rapport naturel d'humeur, ou une recon-

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naissaDce purement humaine, et une «ecrète complaisance sur nous. Mais Dieu veut que nous trouvions et que nous soufiiions partout des contradictions , des contre^temps et des oppositions à nos desseins, de

de Dieu , et propre à être selon son cœur.

PRIÈRE

Soutenez - moi , Seigneur , dans les occasions de peines et de contradictions que vous permettez qui m'arrivent, et que vous voulez que je souffre; et ne permettez pas quelles affaiblissent en moi la charité pour le procnain , ou ma fidëlitë pour vous. En n*é- 'pargnant point mon cœur , épargnez le vôtr** . et faites que les tentations, bien loin de me séparer àe vous, m'obliçent de m'attacher à vous plus fortement , par le besom pressant et continuel qu elles me font sentir de votre secours. Ainsi soit-il.

CHAPtTRE Xlil.

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TESTÀTIONS.

Nous ne pouvons être sans afflictions et sans tentations, tant que nous viyons en ce monde. C'est, ce qui a fait dire à Job, que la vie de Vhomme sv/r ia terre est une tentation continuelle. (Job. 7. 1.)

C'est pourquoi chacun devrait se précautionner contre les tentations auxquelles il est sujet, et veiller en prières, dé peur que le démon , qui ne s'endort jamais,

et fjui rôde de tous côtés j cherchant qui dévorer ( i. Petr. 5. 8 ) , ne trouve Toccasion de nous surprendre.

Il n'y a point d'homme si parfait et si saint, qui nait quelquefois des tentations, et nous ne pouvons exi être entièrement exempts.

d. Cependant, bien que ces tentations soient factieuses et rudes , elles sont souvent pour nous d une grande utilité, parce qu'elles servent à nous humilier, à nous purifier et à nous instruire.

Tous les Saints ont passé par de grandes tentations et de rudes épreuves, et ils y ont trouvé leur avancement; ceux au contraire qui n'ont pu soutenir la tentation , ont été réprouvés et se sont perdus.

Il n'y a point d'ordre si saint, ni de lieu si retiré , où les tentations et les adversités ne se trouvent.

3. Nous ne serons jamais, tant que nous vivrons , entièrement à couvert des tentations , parce qu'étant nés avec la concupiscence, nous avons en nous-mêmes la source des tentations.

Une tentation ou une adversité n'est pas phitot passée , qu'il en survient une autre; et nous aurons toujours quelque chose à souffrir, parce que nous avons perdu les avantages de notre premier état de félicité.

Plusieurs cherchent à éviter les 4en-

ou 1. iiarrA'iiuii uya j.— l;.

talions » et Hs y tombeat plus daugereu* sèment.

Ce n'est pas assez de fuir la tentation pour la vaincre, cest par la patience et par la véritable humilité que nous deviendrons plus forts que tous nos ennemis.

4».Celui-là n'avancera guère, qui n'évite que les effets extérieurs du mal , sans en arracher la racine : au contraire y les tentations reviendront plus vite contre lui , et il s'en trouvera plus mal.

Vous surmonterez mieux les tentations en y résistant peu à peu par la patience et par la douceur^ aidé du recours de Dieu, qu'en les repoussant avec trop d'empressement et de contention d'esprit.

Prenez souvent conseil dans la tentation, et ne traitez pas rudement ceux qui sont tentés; mais consolez-les comme vous voudriez que l'on vous consolât.

5. Le principe de toutes les mauvaises tentations est l'inconstance d'esprit, et le peu de confiance en Dieu. Car, de même qu'un vaisseau sans gouvernail est )eté deçà et delà par les 'flots, ainsi l'homme lâche et qui abandonne ses bonnes résolutions est agité de tentations différentes.

Le feu éprouve le fer (Ec. 3i. 3i ),*^et Ja tentation éprouve l'homme juste.

Nous ne savons pas souvent de quoi nous sommes capables; mais la tentation découvre ce que nous sommes.

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