LIVRE I. CHAP. XIV
trie, que sur la' grâce de J.-Ç., laquelle nous soumet à lui , ce ne sera que rarement » ou bien tard que vous serez éclairé; parce que Dieu veut que nous lui soyons parfaitement unis , et que nous nous élevions au-dessus de toute raison , par la force d'un amour enflammé.
PRATIQUE
Nous jugeons plus souvent: par les înclinatioos de notre cœur, que par les lumières de notre esprit. Noire amour- propre fait d'ordinaire que nous approuvons en nous-mêmes ce que nous ^condamnons dans les autres ; et nous sommes toujours aussi éclairés sur les défauts du prochain , que nous sommes aveu- . glcs sur les nôtres. Un esprit recueilli en la présence de Dieu , et un cœur fidèle aux mouvemens de sa grâce, une âme ainsi appliquée et attachée à Dieu, ne s occupe que de Dieu en elle , et d'elle en Dieu j et , tâchant de veiller à la garde de son cœur, ne se pardonne rien, et pardonne tout aux autres.
PHTÉBE. •
O mon .Dieu 1 quand est-ce que, libre de toute attache à la créature, et de toute recherche de moi-même , je tiendrai mon esprit, mon cœur et mes yeux uniquement appliqués à vous, à mes devoirs et a mon salut? Faites, Seigneur, qu'oubliant ou ignorant tout ce que je ne dois point connaître ni observer, je ne vive que pour vous, à vous et en vous. Vanités, plairsurs , nouvelles, amusemens, curiosités, que vous êtes peu de chose , ou plutôt que vous n'êtes rien à une âme à qui Dieu seul suffit ! O mon Sauveur! ne permettez pas que je m'applique à connaître, à aimer et à posséder autre chose que vous, qui m'êtes plus que toutes choses ! Inspirez à mon cœur un désir ardent de vous plaire, et un humble acquiescement en toutes choses à votre bon plaisir. Ainsi soit-il.
OO t IMITATION DE J.-C.