‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 29 sur 190 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DES eeuv&Bs de cbabite.

II. ne faut commettre aucun mal, pour quoi que ce soit au monde, ni pour lamour de qui que ce soit : mais quelque*» fois Ion peut laisser une bonne oeuvre ^ ou la changer en une meilleure «pour l'avantage de ceux qui en ont besoin.

Car, par ce moyen, le bien que nous voulions faire n'est paâ perdu, mais il est changé en quelque chose de mieux.

Sans la charité , les actions extérieures ne servent de rien : mais la chose la plus petite et la plus vile devient toute profi-< table , lorsqu'elle est faite par un principe de charité.

Aussi Dieu considère bien moins ce que l'on fait, que le motif qui le fait faire<

2. C'est faire beaucoup, que d*aimer beaucoup ; c'est faire beaucoup , que de bien faire ce que l'on fait. C'est bien faire ce que l'on fait , quand on songe plus à procurer le bien commun qu'à satisfaire sa volonté.

Souvent l'on prend pour un effet de la charité, ce qui n'est qu'une œuvre de la chair : car l'inclination naturelle , la volonté propre , l'espérance de quelque profit, et le désir de notre con^modité

particulière , ne manquent guère de se mêler dans nos actions.

5. Celui qui a une véritable et parfaite charité , ne se recherche soi-même en quoi que ce sojit; mais il désire seu* lement que Dieu , soit glorifié en toutes choses.

U ne porte entie à personne* parce qu'il ne souhaite aucune )oie qui lui soit propre, et que ce n est point en lui-même, mais en Dieu seul qu'il désire de trouver toute sa joie et son souverain bonheur.

Il n'attribue aucun bien a la créature , mais il le rapporte entièrement à Dieu , de qui procèdent tous les biens comme de leur source , et dans la jouissance duquel tous les Saints trouvent leur repos comme dans leur dernière fin.

O que celui qui aurait une étincelle de la vraie charité , sentirait bien que toutes les choses de la terre sont pleines de vanité !

PRATIQUE

On ne peut trop se pënëtrer de lies paroles de Tau* teur, qui dit que Dieu ne considère pas tant combien on fait que combien Ton 'aime , et qu'on fait beaucoup quand on aime beaucoup; c'esl-^à-dire que nos actions ne plaisent à Dieu qu^autant qu'elles sont animées du désir de lui plaire, et comme marquées du sceau de la cbarité. laites, dit 5. Paul, tout ce que vous faites, par l'impression et le mouvement de Tamour de Dieu. C'est cet amour vif et actuel , et renouvelé sçuvent, qui fait le mérite de nos bonnes actions; et la foi même en nous est faible et languissante,, si elle n'est animée de la charité et d'^ne

inclination pieuse et tendre vers l'auteur des vëritës qui nous sont révélées. Tâchons donc d'aimer Dieu en tout ce que nous faisons, et de tout faire en aimant Dieu. Tout pour vous, Seigneur, tout à vous, tout en vous. Yoilà ce que doit dire et faire incessamment notre cœur pour mener une vie surnaturelle et de mérite, et pour commencer dans le temps ce qœ nous continuerons de faire dans toute l'éternité.

fbi£re.

Qu'il m'ennuie, ô mon Dieu! de passer tant de temps sans occuper mon esprit de votre présence, et mon cœur de votre amour ! Quelle confusion pour moi', dépenser si peu à un Dieu qui pense toujours à moi, et de ne sentir souvent que de rindifférence pour vous. Seigneur, qui brûlez toujours du feu de mon amour { Ne souârez pas que je vive un seul iftoment sans vous aimer; et, puisque vous êtes le centre de mon cœur, imprimez-lui pour vous cette tendresse continuelle, et ce désir viFet ardent de vous plaire et de vous chercher en toutes choses et sur toutes choses, pour ne plus trouver de repos, de bonheur et de vraie satisfaction qu'en vous. Ainsi soit-il.

Page 1