DE SA VIE
Soyez vigilant et eitact dans le^^ervice de Dieu, et faites souvent cette réflexion :
Qu'es -tu, venu faire ici, et pojarquoi as«ta quitté le siècle? N'est-ce pés pour vivre entièrement à Dieu , et devenir hammtt spirituel ?
Ayez dojic de lardeur pour votre avap^cernent , parce que vous recevrez biientôt lâ^ récompense de vos travaux, et qu'alors vous serez inaci:essible à la crainte et à la douleur.
Le travail que vous avez maintenant à faire est peu de chose; et vous aurez, pour prix de ce travail, non-seulement un grand repos, mais une joie éternelle.
Si vous persistez à être fidèle et fervent dans vos actions • Dieu , sans doute , sera fidèle et magnifique à vous en récompenser.
Vous devez avoir une sainte confiance que vous remporterez le prixj mais vous ne devez pas vous en tenir assuré, de peur de tomber dans le relâchement ou dans lorgueil.
2, Un certain homme, qui flottait souvent entre l'espérance et la crainte, se trouvant un jour accablé d'ennui , et s'étant prosterné , dans l'église, devant un autel, pour y faire sa prière, roulait cette pensée dans son esprit : Hélas ! si je savais au moins quç je dusse persévérer ? Aussi* tôt jl entendit cette* réponse dans le fond de sgB cœur : Que voudrais-tu faire , si
tu l^&avais ? Faid maintenant ce que tu
TOudraia faire alors , et tu seras dans une assurance parfaite.
Cet homme , se trouvant dans ce mo* ment consolé et fortifié, s abandonna à la volonté de Dieu , et les agitations de son J
esprit cessèrent.
U ne voulut plus faire de recherches curieuses pour savoir ce qui lui devait arriver à l'avenir, et il s'appliqua davantage à étudier la volonté de Dieu, et à connaître ce qui lui serait le plus agréable et le plus parfait , pour commencer i accomplir tout le bien qu'il pourrait.
3. Espérez au Seigneur^ et faites de bonnes œuvres ^ dit le Prophète ; habitez ia terre y et vous serez nov/rri de ses biens. ( Psal. 56. 3.)
Une chose empêche bien des gens de faire du progrès , et de travailler avec ardeur à leur amendement : c'est l'horreur que Ton a des difficultés, ou la peine que l'on trouve à les combattre.
En effet , ceux-là avancent plus que les autres dans la piété, qui font de plus généreux efforts pour vaincre ^es choses qui leur sont les plus fâcheuses et les plus ■ contraires.
Car l'homme profite d'autant plus , et mérite une grâce plus grande, qu'il se surmonte lui-même davantage , et qu*il se mortifie dans lespfit.
4* Mais tous n'ont pas égaIemèM| des passions à naortifier et à vaincre. ; «
LTVRE I. CHAP. xxy. 1 55
Celui néanmoins qui a le plus de zèle, bien qu*il soit sujet à plus de passions, sera plusen état de s avancer qu^un autre dont les mœurs sont bonnes , mais qui a moins de ferveur pour la vertu.
Deux choses particulièrement contri* buent beaucoup à un parfait amendement : Tune , de s'éloigner avec violence des choses où le mauvais penchant de la nature nous porte; l'autre, de s'attacher avec zèle à la poursuite de la vertu dont on a le plus de besoin.
Appliquez-vous aussi avec plus de soin à éviter et â vaincre dans vous les défauts qui vous déplaisent le plus dans les autres.
5. Prenez de toute chose occasion de vous avancer; en sorte que si vous avez devant les yeux quelque bon exemple, ou que vous en entendiez parler, vous soyez animé à l'imiter.
Que si vous voyez faire quelque chose digne de blâme, sçyez sur vos gardes pour ne pas faire la même chose ; ou si vous y êtes quelquefois tombé , ayez soin de vous en corriger au plus tôt.
Songez que les autres ont l'œil ouvert sur vous, comme vous l'avez sur eux.
Qu'il est consolant et agréable de voir nos frères pleins de ferveur et de piété , bien réglés ^ et exacts observateurs de la discipline !
Qu'il est triste, au contraire, et fâ-
cheux d'en voir qui vivent dans le dérèglement, et qui abandonnent les exercices de leur vocation !
Qu'il est nuisible de négliger l'esprit de son état^ pour se porter à des choses auxquelles on n'est pas appelé!
6. Souvenez-vous de l'engagement que vous avez pris, et proposez-vous l'image de Jésus crucifié.
Vous avez bien lieu de irougir , en considérant la vie de J.-C, de n'avoir pas eu plus de soin d'y conformer la vôtre , depuis tant de temps que vous êtes fintté dans la voie de Dieu.
Un religieux qui s'occupe à méditer avec attention et avec piété la sainte vie et la passion du Sauveur, y trouvera avec abondance tou|g^e qullui est utile et nécessaire; et ce serait en vain qu il chercherait quelque chose de meilleur hors 4^ Jésus !
O si Jésus crucifié entrait daHs notra cœur, que nous serions bientôt suffisanX" ment instruits !
7. Le religieux fervent accepte et fait avec joie tout ce qu'on lui commande; le négligent ou le tiède ressent afilictipn sur affliction, et, de quelque côté qu'il se tourne, il n'a que de la peine, parce que la consolation intérieure lui manque , et qu'il ne lui est pas permis d'en chercher au dehors.
I^e religieux qui ne vit pas selon sa règle est exposé à une grande chute.
Xiivnc^ 1. fJUAP. XXV. 13^
Celui qui se porte à ce qu'il y a de plus relâché et de plus commode, aura toujours le cœur à 1 étroit; car il se trouvera que quelque chose, ou le tout même, lui déplaira.
8. Gomment font tant d'autres religieux qui vivent si resserrés sous la règle de leur maison?
Ils sortent rarement , ils vivent dans la retraite, leur nourriture est très-pauvre, ils s'habillent grossièrement^ travaillent beaucoup , parlent peu , veillent longtemps, se lèvent de bonne heure , demeurent long-temps en prières, lisent souvent, et gardent en toutes choses une exacte discipline.
Voyez les Chartreux, les religieux de Cîteaux , et tant d'autres religieux et religieuses de divers ordres, qui se lèvent toutes les nuits pour chanter les louanges de Dieu,
Vous devriez donc avoir honte d'être si paresseux, dans le temps qu'un si grand nombre de religieux se mettent en devoir de louer Dieu.
. ^. O si vous n'aviez autre chose à faire quà louer de cœur et de bouche le Seigneur nolr^ Dieu ! 6 si vous n'aviea jamais besoin de manger, de boire, de dormir, mais que vous puissiez toujours louer Dieu, et ne vaquer qu'aux exercices spirituels! vous seriez alors bien plus heureux que d'être assujéti, comme
is Têtes, à toutes les nécessités du 'ps.
i^lût à Dieu que tous ces besoins ces* sent, et que nous n'eussions que noâme à nourrir ! nourriture , hélas !
B nous goûtons bien rarement*
10. Quand Thomme est parvenu à un état, qull ne cherche plus de conso«* ion dans aucune créatui*e , c'est alors il commence à goûter Dieu parfaitent, et qu'il se trouve content, quele chose qui lui arrive.
Uors il ne se réjouit pas plus d'un grand ^cès , qu'il ne s'afflige pour le moindre ( is il se met entièrement et avec conice entre les mains de Dieu, qui lui tout en toutes choses, à l'égard du- 3I rien ne périt ni ne meurt, en qui it est vivant, et à la volonté duquel it obéit sans retardement et sans résis-