‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 46 sur 190 · DE LA CONVERSATION INTERIEURE · texte numérisé non relu

DE LA CONVERSATION INTERIEURE

Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous ^^Aii J.-C. ( Luc. 17. 21. ) Cor^rvertissez^vous de tout votre cos^ur au Seigneur ( Joël. 2. 12. ); quittez ce misérable monde, et votre âme trouvera la paix.

Apprenez à mépriser les choses extérieures , appliquez-vous aux intérieures , et vous verrez que le Royaume de Dieu viendra en vous. Car ie Royaume dé Dieu est la paix et la joie dont Tofit jouit dans le Saint-Esprit ( Rom. i4»

17 ), ce qui n'est point donné aux impies.

J.-C. viendra à vous, pour vous faire part de ses consolations » si vous lui préparez au-dedans de vous une demeure digne de lui.

Toute la gloire et la beauté qu'il cher-

l4<> LIMITATION DE J.-C.

che est a/u dedans ( Ps. 44* ^4 ) « c'est H qu'il prend ses délices.

il visite souvent rhoinme intérieur , il s'entretient doucement avec lui , il le console agréablement, il le comble de paix , il le traite avec une familiarité surprenante.

s. Courage, âme fidèle, préparez votre cœur â cet époux, afin qu'il daigne venir â vous , et habiter en vous !

Car voici ce qu'il dit : Si quelqu'^un m aime, il gardera mes pa/roles^ et nous viendrons à lui, et nous demeurerons en lui. ( Joau. i4« 25, )

Faites donc place â J.-C. dans votre cœur , et refusez «- en l'entrée ^à tout le reste.

Vous êtes riche en possédant J.-C. » il vous suffît lui seul. Il pourvoira lui-méai# et veillera fidèlement à toutes vos aflfai* res , en sorte que vous ne serez plus dans le besoin de mettre votre confiance aux hommes.

Car les hommes changent vite, et manquent tout d'un coup : mais J^-^C. de-mejare éternellement ( Joan. lâ. 34 )f et son assistance subsiste jusqu'à la fin. .

3. Il ne faut pas que vous fassiez grand fond sur un homme fragile et mortel « quoiqu'il vous paraisse utile , et qu'il vous soit cher. Vous ne devez pas non plus vous attrister beaucoup , si quelquefois 11 vous résiste et vous contrarie.

* Ceux qui sont pour tous aujourd'hui , seront peut-être demain contre vous ; et, au contraire , vous pourrez avoir pour amis <5eux qui vous haïssaient : car les hommes tournent d'ordinaire comme le vent.

Mettez toute votre confiance en Dieu , et qu'il soit toute vôtre crainte et tout votre amour. Il répondra pour vous , et saura bien • faire toutes choses pour le mieux.

f^ous n^avez point ici de demeure staéle. ( Heb. ]3. i4- ) En quelque lieu que vous soyez , vous n'êtes qu'un étranger et qu'un passant; et vous n'aurez jamais de repos, qoe vous ne soyez intimement uni à J.-C.

4* Que regardez- vous ici- bas autour de vous? Ce n'est pas le lieu de votre repos.

Votre demeure doit être dans le Ciel , et il ne vous faut r^arder toutes les choses de la terre que comme en passant. Tout passe, et vous passerez comme le reste.

Gardez-vous bien de vous y attacher , de peur de vous y laisser prendre , e^ de TOUS perdre. Élevez vos pensées au Très- Haut^ et adressez sans cesse vos prières

Si vous n'êtes pas capable de la haute GOâtemplation des choses célestes , reposez-vous dans la Passion de J. -C. ,

et demeurez volontiers dans ses sacrées plaies»

Car , si vous recourez avec dévotion à ses plaies et aux précieuses marques de «a Passion , vous en aurez plus de force à supporter vos peines ; vous vous soucierez peu du mépris des hommes , et vous souffrirez* aisément leurs médisan-

ces* : "«

5. J.-C. lui-même a été méprisé des hommes en ce monde, et abandonné de ses amis et de ses proches au plus fort de son affliction, et au milieu des plit9 grands outrages. ; ... "^

J.-C. a voulu souffrir et être méprisé; et vous osez vous plaindre de quelque chose!

J.-fC. a eu des ennemis et des calonvniatéurs; ^^ ^^^ voulez que tout le monde vous aime et vous fasse du.bieu I

Par où votre patience pourra -t- elle être couronnée , si vous n'éprouvez point de traverses? Comment serez -vous ami de J.-C, si vous ne voulez rien souffrir?

Soutenez-vous avec J.-C. et pour J.-C, si vous voulez régner avec J.-C.

6. Si vous étiez une fois entré bien avant dans le cœur de Jésus , et ^i vous aviez un peu goûté de son ardent amour, vous ne penseriez plus alors à ce qui vous accommode , ou à ce qui vous fait peine , et vous vous réjouiriez plutôt d'être dans l'opprobre, parce que lamour

de Jésus porte rhommc à se mépriser soîniêine. ^

Celui qui aime Jésus et la mérité, et qui est -vraiment intérieur et dégagé des affections déréglées , peut aisément se donner tout à Dieu , s'élever en esprit audessus de soi-même ; et trouver son repos dans la jouissance de celui quil aime.

7. Celui-là est vraiment sage , qui' juge des choses selon ce qu elles sont , et non selon le récit et Testime que les hommes en font ; et sa science vient plus de Dieu que des hommes.

Celui qui sait agir par un principe intérieur , et qui fait peu d attention à ce qui se passe au dehors , n'a pas besoin de choisir ©u d'attendre les temps et les )ieux pour s'appliquer aux exercices de dévotion. .

H est bientôt recueilli, parce qu'il ne se répapd jamais tout entier dans les choses extérieures.

Il n'est point détourné par le travail du dehors, ni par les occupations nécessaires qui lui surviennent; mais il s'accommode aux choses, selon qu'elles arrivent.

I Celui qui est au dedans bien réglé et bien disposé , ne se met pas en peine de ce qu'il y a d'éclatant ou de mauvais dans les' actions des hommes. L'homme ne trouve d'empêchement et de distraction qu'autant qu'il s'attire d'affaires.

8« Si vous étiez vraiment bon et bien purifié, toutes choses touraeraient à votre bien et à votre avancement.

Plusieurs choses he vous déplaisent et ne vous troublent que parce que vous n'êtes pas encore parfaitement mort à vous-même, ni séparé de toutes les choses de la terre. Rien ne souille et n embarrasse tant le cœur de l'homme que lamour impur des créatures.

• Si vous rejetez les consolations extérieures , vous serez en état de contempler les choses du Ciel, et de goûter souvent la joie intérieure.

PRATIQUE

Ces paroles de T Auteur : Ouprezy^olre cœur à /.-C.» tt fèrmez'le à tout le reste ; laissez les choses exlérieures, et pous appliquez aux intérieures': ces paroles, dis-je, nous marquent que le vrai bonheur et le Ti^i mérite de cette vie consistent à se recueillir et à se retirer en Dieu par un souvenir respectueux de sa présence, et par une tendance continuelle vers lui. Un esprit recueilli , im cœur fidèle, voilà le caracr tère d'i.fie personne intérieure , et d'un Chrétien qui adore le Seigneur en esprit et en vérité 5 c'esl-à-dire , qui lui rend ce culte intérieur , si digne de sa grandeur souveraine, et si nécessaire à une âme qui n'est toutes

Îu'elle est que pour vivre de Dieu, et pour être à ^ieu. C'est cette demeure de Dieu dans l'âme, cet établissement de l'âme en Dieu, par des élévations , des cris, des gémissemens et des remises de tout elle-même, en lui, qui la fait vivre d'une vie intérieure, surnaturelle et de mérite^ qui lui fait trouver coQAnie un Paradis sur la teire, et qui est pour elU comme une possession anticipée du cœur et de la félicité de Dieu même. Ma résolution est donc de mortîfien mes sens, d'interdire à mon esprit les réflexions

vaines et iuuliles , et de veiller à la gatde de moa cœur, pour n*y laisser entrer que ce qui me porte à

souffrir pour lui et comme lui, pour régner un jour avec lui. O mon âme! ne respirez que son amour, ne vivez que pour lui plaire^ ne soupirez qu'a rès le bonheur de le possëden

FBIEE£.

O mon aimable Sauveur ? ô la vie de mon âme ! ^ Tunique objet de ma confiance, et le gage demo^

sposi tiens

AC9 U.J9|7V/a«fciwriJ9 AUb«>A A\<uA ^>> v&Vf y\r^M.\f ijxM\,R\i ^unjciAl , C4>

les vertus que vous avez pratiquées ; faites qu'animé de votre esprit , vivant de votre vie , et comme revêtu de votre justice, il soit plus à vous qu*à luimême ; que ce soit vous qui viviez en lui ; et que , par un heureux transport, se cédant tout à vous , il n'agisse plus que par les mouvemcns de votre amour. Ainsi soit-ii. •

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