‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 47 sur 190 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE l'humble soumission.

Ni vous mettez pas beaucoup en peine qui est pour vous ou contre vous , ayez soin seulement que Dieu soit avec vous en tout ce que vous Jerez..

Ayez la conscience pure et nette, et Dieu saura bien vous défendre ; car la malignité d aucun homme ne pourra nuire à celui que Dieu voudra assister.

Si vous savez souffrir et vous taire , vous verrez sans doute le secours de Dieu sur vous. U coquait et le temps et la manière de vous délivrer; c'est pourquoi vous dçv^z vous abaudonner entre ses mains.

n n'appartient qu'à Dieu de vous secourir et de vous garantir de toute confusion.

n nous est souvent très -utile, pour nous conserver dans une grande huniilit^, que les autres connaissent nos défauts , et qu'ils nous en reprennent.

n. Un homme qui s'humilie pour sa faute , apaise aisément les autres » et satisfait à peu de frais ceux qui étaient irrités contre lui.

Dieu protège l'humble , et il le délivre ; il l'aime et il le console; il s'abaisse jusqu'à lui , il répand sur lui ses grâces avec abondance; et« après l'avoir humilié , il l'élève en gloire.

Il révèle ses secrets à l'humble; il Tinvite et l'attire doucement à lui. \

L'humble ne laiâse pas d'être en paix au milieu de la confusipn, parce que c'est 4ur Dieu qu'il s'appuie , et noQ sur le monde.

. Ne vous flatte? g^s d'avoir fait aucun progf es dans la vertu > A ^PU^ n'avez ce sentiment de vous-même, que vous êtes le dernier de toup.

PRATIQUE-

Qtr'ui est aisé, lorsqu'on est approuvé, estimé et loué de tout le monde, ae dire qu'on' est indigne de cet h^un^ur , et qu'on ne mérite que mépris ! Pour savoir SI l'on dit vrai , il faut voir si dans un mépris l'on dit la même chose. Ma résolution sur ce point est d'agréer de la main de Dieu tout le mal qu'on dira de. moi ^ ou que Ton me fera, comme une chose qiie je mérite} et, bien loin d'en murmurer, de bénir le Seigneur de ce qu'il permet qu'on me fasse justice , pour avoir lieu de me faire miséricorde : trop beu* reux de mourir et de m'éteindre dans l'esprit des hommes, pour ne vivre que dans l'esprit de Dieu , par l'agrément du mépris; et dans son cœur, par la pratique de la vi'aie humilité.

PKLèBJB,

Vous savez ^ Seigneur^ combien je suis sensible aux contradictions , aux médisances et aux mépris. Tout se révolte en moi , lorsque je me trouve dans l'occasion de les souffrir. Mais je sais aussi, que ce qui m'est impossible vous est aisé, et que^ soutenu et fortifié du secours de votre grâce , je puis endurer avec patience les humiliations , que de moi-même je ne puis recevoir qu'avec murmure et a.vec chagrin. Faites donc , ô mon Sauveur ! qu'instruit de vos maximes, et animé de votre esprit, je regarde avec horreur la gloire, l'estime et les louanges , qui souvent me rendent méprisable à vos yeux ; et qu'au contraire je reçoive avec soumission et avec reconnaissance les injures et les mépris , qui , pris ainsi , me rendront l'objet de votre amour, et le possesseur 4'une 'gloire éternelle. Ainsi soit-il.

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