‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 63 sur 190 · LIVRE II. CHAP. Xlî. lîjg · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAP. Xlî. lîjg

c'est par beaucoup de peines et d'afflictions qu^ii nous faut entrer dans le royaume de Dieu. (Act. i4« 21.)

PRATIQUE

Peut-on lire, croire et pënëtrcr les avantages mer-, vellleux de la croix , et le grand mérite des soufiTrances que l'auteur décrit ici, sans aimer à souffrir /à rece* voir ses peines de la main du cœur de J.-C. , et se soumettre à souffirir tout ce qu'il voudra, et tant qu'il voudra? puisque beaucoup soufirir et bi'en souffrir, est un moyen absolument nécessaire pour se sauver, et que c'est reffet le plus tendre et le plus efficace de la bonté de Dieu envers nous, qui veut ne nous pas épargner les peines du temps, pour nous épargner celles de l'éternité. C'est porter le caractère visible d'un prédestiné, lequel consiste, selon 5. Paul, à ressembler à J.-C, c'est-à-dire , un Dieu humilié, persécuté et souffrant; c'est se rendre digne de sa vie glorieuse , en participant à sa vie souffrante ; c'est effacer les peines dues à nos péchés , par un acte parfait de la pénitence; c'est gagner le cœur de J.-C, mériter son amour , le venger et nous punir, l'honorer par notre destruction, et préférer son bon plaisir à toutes nos satisfactions. Tout cela n'est-il pas capable de consoler un chrétien dans ses peines , et de l'animer à bien souffrir? Dites donc en souffrant, pour souffrir de bon cœur : L'Enfer que j'ai mérité est quelque chose de plus horrible que tout ce que je puis sounrir j mon Sauveur a bien plus scniffert que moi , et le Paradis vaut bien ce que je souffre.

PRTÉnE.

Pénétrez mon cœur. de ce sentiment, ô mon Sa>iveur! lorsque vous m'envoyez des peines, et faites i^u'il me soutienne toujours dans toutes mes afflictions. Car, hélas! ô mon Jésus! vous savez combien naturellement l'on hait et l'on fuit la croix, quoiqu'on soit persuadé que c'est par la croix que vous nous avez sauvés , et que nous ne pouvons faire notre salut ni entrer dans le Paradis que par le Calvaire.

igO LIMITATION DB J.-C.

laspirez-moi cette patience, cette force et ce courage que vous donniez à vos martyrs; et puisque je ne puis ni TOUS marquer plus de reconnaissance et plus d'amour qu'en souffrant pour vous , ni me rendre plus digne de votre grâce et de votre gloire qu'en portant votre croix , daignez me soutenir dans mes accahlemens, par le désir de vous plaire , et par rcspërance d'un bonheur étemel. Ainsi soit-il.

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