‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 68 sur 190 · HUMILITE · texte numérisé non relu

HUMILITE

;r£SUS-GHRIST.

Mon fils , marchez eu ma présence dans la vérité , et cherchez-moi toujours dans la simplicité de votre cœur.

Celui qui marche devant moi dans la vérité sera à couvert de leunemi , et la vérité le délivrera des séducteurs et de la calomnie des méchans.

Si la vérité vous délivre , vous serez vraiment libre , et vous vous mettrez peu en peine des vains discours des hommes.

2, Le Ch. Cela est vrai, Seigneur. Faites , s'il vous plaît , que ce que vou$ dites s'accomplisse en moi.

Que votre vérité m'instruise» qu'elle me garde, et qu'elle me conserve jusqu'à une bienheureuse fin ; qu'elle me délivre de toute mauvaise affection, et de tout amour déréglé ; et je marcherai avec vous dans une grande liberté de cœur.

5. J.-C. Je vous enseignerai, dît la Vérité, ce qui est juste et agréable à mes yeux.

Pensez à vos péchés avec un grand regret et avec amertume , et ne vous imaginez pas valoir quelque chose , pour quelque bien que vous ayez fait.

Vous n'êtes en eflFet qu'un, pécheur sujet à plusieurs passions dont vous êtes Fesclave.

De vous-même vous tendez toujours au néant : un rien vous fait tomber , vous surmonte, vous jette dan^le trouble et dans le relâchement. Vous n'avez rien dont vous vous puissiez glorifier ; et vous avez plusieurs sujets de vous mépriser vous-même, parce que vous ^tes beaucoup plus faible que vous n'êtes capable de le concevoir.

4- Ne comptez donc pas pour beaucoup aucune des choses que^vous faites. Que rien ne vous paraisse ni grand , ni précieux , ni admirable , ni relevé, ni digne d'être loué ou désiré, que ce qui est éternel. Que réternelle Vérité vous plaise sur toutes choses , et que votre extrême bassesse vous soit toujours un sujet de confusion et de mépris.

Ne craignez , ne blâmez , ne fuyez rien tant que vos vices et vos péchés, qui vous doivent être )>lus fâcheux que toutes les pertes du monde.

Il y en a qui ne marchent pas sincèrement devant moi » mais qui , nrfUssés par

un certain esprit de curiosité et de superbe , veulent pénétrer mes secrets , et conaprendre les plus hauts mystères de Dieu Y lorsqu'ils se n^ligent euintnémes en leur propre salut.

Ces gen^là , auxquels je m'oppose , tombent souvent en de grandes tentations et en de grands péchés, par leur curiosité et par leur orgueil.

5. Craignez les jugemens de Dieu , re-' doutez la colère du Tout*-Puissant. Gar^ dez«-vou5 bien de vouloir sonder les ouvrages du Très-Haut; mais examinez vos fautes; voyez en combien de manière»

vous avez péché, et combien de bonnea œuvres vous avez omises.

Il y en a qui mettent toute leur dé* votion dans des' livres» d autres dans des images , et d'autres dans des marques et des gestes extérieurs. Il y en a qui m'ont souvent dans la bouche « mais peu dans le cœur.

Il y en a d'autres qui« ayant l'esprit éclairé et le cœur pur, aspirent sana cesse à l'éternité, qui ont de la peine à entendre parler des choses de la terre, et qui accordent à regret à la nature ses nécessités ; et ceux-là sentent ce que Tes* prit de vérité dit en eux.

Car cet esprit leur enseigne à mépriser les choses terrestres , et à aimer les célestes; a ne tenir aucun compte du monde, ^X à désinu nuit et jour le Ciel.

JL.iYM.K 111. UliAP. lY. 2Ua

PRATIQUE

Rien dq vous fera mieux sentir ce que yous êtes, que rimpression de vos misères. G)mme vous ne sentez que de Finclinalion au mal^ ainsi vous ne devez pas vous élever en vous-même par des sentimens de vanité ou de complaisance. Heureuse une âme qui sait se connaître , et gémir de toutes les faiblesses , misères et mauvais penchans qu'elle trouve elle-même! car c'est ce qui Tassujétit à Dieu , ce qui l'oblige de recourir souvent à lui , et de s'humilier sous sa main toute- puissante. C'est ce danger perpétuel oii elle se trouve de succomber à la tentation, qui lait qu'elle conserve à son égard un état de dépendance con tinuelle, et d'un dénuement sincère et constant pour lui. Déterminez-vous donc , dès maintenant , d'agréer de la main d& Dieu toutes les épreuves qu'il vous envoie , d'entrer dans ses desseins , et de vous soumettre à son bon plaisir.

FRiéRE.

Ck)mme je sais , ô mon Dieu I que rien ne vous plaît davantage que la disposition d'une âme qui dépend en tout de vous , et qui s'applique à connaître et à £iire ce que vous voulez ; ainsi la erâce que ]e vous demande , c'est de me rendre docile à vos inspirations, et fidèle à les suivre. Je sens bien que vous voulez de moi un attachement sincère et constant à votre service, une exactitude à mes devoirs , et un dévouement absolu à toutes vos volontés ; Jiais vous voulez en même temps que j'agisse en toiit avec un esprit intérieur, et avec un vrai désir de vous plaire. C'est ce que je vous demande , ô mon Dieu ! préférablement à toutes les créatures , de ne m'occuper que de vous , ou pour vous ; de n'estimer que ce qui est éternel ; de compter pour rien tout ce qui se passe avec le temps. Quand sera-ce, 6 mon Dieu! qu'une vie intérieure , une vie de mort à toutes choses , umc vie cachée en vous avec J.-C, sera mon partage, com* me elle est mon désir? Unissez mon âme intimement à vous ; gagnez et assurez mon cœur à votre amour pour le temps et pour l'éternité. Ainsi soit-il.

:^\M\j L iiiirrAxiorf de j.— o.

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