CHAPITRE m
QC'iL FAUT éCOfJTBR AVEC HUMILITE LES PABOLES DE DlEtf 9 ET QUE PLUSIEURS N*T FOKT PAS D^ATTENTIOK.
1SS0S-CHRI8T.
Mon fils, écoutez mes paroles; paroles pleines de douceur* et qui passent infiniment la science de tous les philos.ophes et de tous les sages du monde..
Mes paroles sont esprit et vie (Joan. 6. 64) ; et Ton n'en doit pas juger par les lumières de l'esprit humain.
Ce n'est point une Taine satisfaction qu'on y doit rechercher; mais il faut les écouter en silence, et les recevoir avec toute l'humilité possible, et avec un zèle plein d'ardeur.
2. Le Ch. Et )'ai dit : Seigneur j heureux oehd que vous instruirez vousmême ^ et quiTeçoit de vous des leçons de votre loi, afin que vous adoucissiez pour ivii les mauvais jou/rs (Ps. qS. 12. ]5), et qu'il ne demeure pas désolé sur la terre.
5. J.-C. C'est moi , dit le Seigneur, qui ai enseigné les prophètes dès le commencement, et jusqu'à ce jour je ne cesse point de parler à tous les hommes; mais
lyo 1j IJIITATIOrr 1>E J,-C.
plusieurs sout sourds à ma voix, et ont le cœur dur.
La plupart écoutent plus volontiers le monde que Dieu : ils suivent plus aisément les désirs de leurs sens que le bon plaisir de Dieu.
Le monde promet des choses temporelles et de peu de valeur, et on le sert avec une ardeur extrême; je promets des biens souverains et éternels, et le cœur de l'homme y est insensible.
Qui est-ce qui a le même soin de me servir et de m'obéir en toutes choses, qu'on a de servir le monde et ceux qui en sont les maîtres ?
Rougissez Sidon^ dit la Mer (Isaïe 23.
4 ) ; et si vous en demandez la cause , écoutez , la voici :
Pour un petit bénéfice on entreprend de grands voyages , et la plupart à peine fontils un pas pour obtenir la vie éternelle.
On se met en mouvement pour une faible récompense; on n'a point honte de plaida pour une pièce de monnaie; pour un rien , pour une promesse légère, on ne craint point de se tourmenter jour et nuit.
4* Mais quelle honte! pour acquérir un bien immuable, une récompense qui n a point de prix, un honneur souverain, une gloire toujours durable, on refuse par lâcheté Jusqu'au moindre travail.
Rougissez donc , serviteur paresseux et
plaintif, de voir que les gens du monde sont plus ardens pour leur perte, que vous ne Têtes ^our votre salut.
Ils sont plus passionnés pour la vanité, que vous ne l'êtes pour la vérité
II est vrai qu'ils sont souvent trompés dans leur attente : mais mes promesses ne trompent personne, et ne laissent ia-É mais s en retourner vides ceux quiy met-^| tent leur confiance. Je' donnerai ce que jai promis, j'accomplirai ce que j'ai dit, pourvu néanmoins que l'on demeure fidèle dans mon amour jusqu'à la fin.
C'est moi qui récompense tous les gens de bien, et qui exerce par de fortes épreuves tous ceux qui me servent avec dévotion.
5. Gravez mes paroles en votre cœur, et méditez-les avec soin : car vous en aurez un grand besoin dans le temps de la tentation.
Ce que vous n'entendez pas maintenant quand vous lisez, vous le comprendrez au jour de ma visite.
J'ai deux manières de visiter mes élus, la tentation et la consolation; et je leur fais tous les jours deux sortes de le** çons : l'une, en les reprenant de leurs vices; l'autre, en les exhortant à croître en vertus.
CeUii qvA reçoit ma parole ^ et qv/i la fnéprise , l'aura pov/r juge au, dernier jour. ( Joan. lâ. 4^.)
PRIÈRE Powr ianplorer ia grâce de la DévoHon.
6. Le Gfl. Seigneur mon Dieu, vous êtes tout mon bien. Et qui suis^je , pour oser parler à yous ?
Je suis le plus pauvre de vos petits ser* viteurs, et un vermisseau abject, beaucoup plus indigent et plus méprisable que je ne le saia moi-même, et que je n ose lé dire.
Souvenez-vous toutefois, Seigneur, que je ne suis rien , que je n'ai rien« et que je ne puis rien.
Vous êtes seul bon , juste et saint; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout, et il n'y a que le pécheur que vous laissez dans l'inanité.
SQVA)enez^ous de vos miséricordes (Ps. 24* 6), et remplissez mon cœur de votre grâce, vous qui ne voulez point souffrir, de vide dans vos ouvrages.
7. Comment puis-je me supporter dans cette misérable vie , si je ne suis soutenu de votre miséricorde et de votre grâce ?
Ne détournez point votre visage de des-* sus moi ; ne différez point de me visiter ; ne retirez point de moi votre consolation, de peur que mon âme ne devienne devant vous^ comme une terre sans eau.
(Ps. 142. 6.)
Seigneur, enseignez-m.oi à faire votre
îAyké m. CHA^. nu -20 1
volonté (Ibid. io)i apprenez-moi à marcher avec humilité , el comme il faut , en voire pr<^sence : car vous êtes ma lumière, vous qui me connaissez dans la vérité, et qui m'avez connu avant que le monde fût créé , et avant que je fusse né dans le monde. ^
PRATIQUE
Il est étonnant de Toir tout ce qu'une espérance vaine et trompeuse fait faire aux hommes pour un bien temporel et périssable , et le peu qu'une es*
Séraucc solide , certaine et fondée sur la parole e Dieu même , fait faire aux Chrétiens pour un bien spirituel et éternel. La vue d'un intérêt, et l'espérance de gagner du bien , tout incertaine qu'elle est, anime tous les cœurs, charme tous les
et la vue d'un bonheur éternel, lequel se peut mériter par la patience et par les bonnes oeuvres , qui n'anime , ne soutient et ne console personne ; et l'on est aussi abattu et découragé à la vue du Paradis, qu'on peut gagner en tâchant de bien sourSrir, que SI le Paradis n'était rien. D'où vient cela ? Cest qu'on a trop d'attache aux choses présentes, et trop d'indifiérence pour les choses futures ; et la faiblesse de notre espérance vient de la langueur de notre foi.
FJUÂBEk
Que î'ai de confusion, Seigneur, de voir que je me donne tant de peine pour plaire au monde et pour contenter mes passions , et que j'en prends si peu pour contenter^ ou votre iustice par la pénitence , ou votre bonté par l'exactitude à mes devoirs ! Hélas ! que ne fais- je pour vous , ô mon Dieu ! ce que ]e fais pour moi ! Que n'ai-je autant
S lace, et faites que votre amour en moi ail autant 'ardeur à vous plaire, que mon amour-prppre en a à me contenter. Donnez-moi pour vous cet amour qu*on peut appeler de dédommagement^ c'est-à-dire,
S ni répare, par sa vivacité et par sa constance, les chetés et les alternatives de mon amour pour vous. Ainsi soit-il. . .