‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 83 sur 190 · LIVRE ni. GHAP. XI · texte numérisé non relu

LIVRE ni. GHAP. XI

cernent , et que vous recherchiez pour le meilleur, ne vienne à vous déplaire. *

Car il ne faut pas suivre tout d'un coup toutes les affections qui paraissent bonnes, comme il ne faut pas fuir dès l'abord toutes celles qui semblent mauvaises.

Il est bon quelquefois d'user de retenue, même dans les bonnes résolutions et dans les bons désirs, de peur que par trop d'empressement vous ne tombiez dans les distractions de Tesprit , ou que , par un zèle mal réglé, vous n'apportiez du scandale» pu que la résistance qyie vous trouveirez dans les autres ne vous trouble, et ne cause votre perte.

5. Il faut aussi quelquefois user de violence, et s'opposer courageusement aux désirs des sens , sans avoir égard â ce que la chair veut ou ne veut pas , et travailler surtout ^ rassu).étîr à l'esprit , même contre son ^ré.

Et vous ne devez point cesser de la châtier et de la soumettre, jusqu'à ce qu'elle soit prête à tout, qu'elle ait appris à se contenter du peu, à se- plaire aux choses les plus simples, et à ne murmurer jamais de quelque inconvénient qui lui arrive.

PRATIQUE

il. faut rëgler ses désirs sur la volonté de Dieu , les modérer par le mouvement de sa grâce,, et les rapporter tops à lui plaire. La vraie pénitence du coeur e^t de réprimer l'activité de ses désirs , d'en tourner

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comme une fumée, e.t il ne leur resles:a aucun souvenir de leurs plaisirs passif.

Et dès cette vie même, le repos qu'ils y prennent n'est pas sans amertume, sans ennui et sans crainte : car les choses mêmes qui font leur joie, leur causent souvent de la peine et d^ lu douleur.

C'est ce qui jleur arrive avec justice., afin qu'ayant recherché et suivi leurs plaisirs contre l'ordre , ils n'en Jouisseat pas sans s^mertume et sans confusion»

O que tous* ces plaisirs sont courts!

qu'ils sont faux , déréglés et honteux !

Cependant leur ivresse et leur aveuglement ies empêchent d'en rien voir. Comme des bêtes stupides , ils hasardent la perte de l'ame pour quelque léger plaisir de cette misérable vie.

Pour vous donc, mon fils, ne stuivez point vos désirs déréglés, ^t renoncez à votre volonté. Mettez vçtrejoie dans le Seigneur, et il vous donnera ee que votre ccèv/r soutiaite. ( Ec. i8. 5o.

Ps. 36. 4. )

5. En effet , si vou^ voulez goûter une vé^table joie, et ressentir plus pleinement mes consolations, c'çst dans le mépris. de toutes les choses du monde , et clans le retranchement de tfou^ les plaisirs d'ici*bas que sera votre bénédicUon, et que vous retrouverez des' çonsol^itions abondantes.

Et plus vpus vous refuserez tout sou-

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lagement de la part des créatures, plus vous recevrez de moi de douces et de puissantes consolations.

Mais vous n'y arriverez pas d'abord sans quelque ennui, et sans avoir à combattre.

' Une habitude enracinée vous résistera ; mais vous la surmonterez par une meilleure. La chair murmurera; mais elle sera mise à la raison par la ferveur de l'esprit.

L'ancien serpent vous sollicitera, et vous fera de la peine ; mais vous le chasserez par la prière , et en vous occupant utilement , vous lui boucherez les principales avenues de votre âme.

PRATIQUE

La Traie paix de Tâme consiste dans la 5oainission humble et constante aux volontés de Dieu , dans les peioM les plus rudes , dans les teiitatîons les plus violentes; et lorsque vous ne trouverez plus en vousmême que révolte, que trouble et qi?accablement , c'est alors qu'en vous remettant de tout et en tout entre les mains de Dien^ vous trouverez le vrai repos d'une âme qui , défaillant à soi-même, ne subsiste plus qu'en Cleu par la confiance et par la soumission. Se séparer de tout ce qui fait plaisir, agréer de la main de j3ieu tout ce qui fait peine ^ vaincre en tout les répugnances^ c'est le vrai moyen d'être en paix.

fribre;

fieieneur, vous seul pouvez nous» la donner, cette paix du cœur , cette paix de Dieu , cette jpaix inefiâblç . et cette huml)le soumission. Nous vous la demandons , nous TespéroDS-, nous Tattendons- di? von». Donnez--

nous -la, mon Sauveur, cette paix, qui conserve nos esprils et nos cœurs dans la dépendance de vos vérîlds' et de vos volontés saintes. Ainsi soil-il.

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