‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 84 sur 190 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DE l'ojBÉiSSANGE de l'hUMBLE SrJET, A t^EXEMPI^IL

DE JESUS- CHBIST

J^SCS-CHRIST.

Mon fils , quiconque s'efforce de se soustraire à rôbélssancc se soustrait lui-même à la grâce; et celui qui cherche des grâces particulières perd les com-^ muues.

Celui qui ne se soumet pas volontiers et de "bon cœur à son supérieur, fait voir que sa chair ne lui est pas encore parfaitement assujétie, mais que souvent elle murmure et se révolte.

Apprenez donc à vous soumettre à votre supérieur avec promptitude « si vous désirez dompter votre chair. Car lennemi du dehors sera bien plus tôt vaincu, si rhomme intérieur n'est point ravagé au^ dedans.

Votre âme n a point de plus fâcheux ni de plus redoutable ennemi que vousmême, lorsqu'elle n'est pas bien d accord avec l'esprit.

Il faut absolument que vous conceviez

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un véritable mépris de vous-même » si vous voulez avoir lavantage sur la chair et le $ang.

C'est parce que vous vous aimez encore avec trop de dérèglement, que vous ave» crainte de vous résigner entièrement à 1^ volonté des autres.

2 . Mais est-ce un grand effort pour vous , qui n'êtes que de la poussière et qu'iin néant, de vous soumettre à un homme pour Dieu; lorsque m,oi , qui suis le Tout- Puissant et le Très-Haut, et qui ai créé toutes choses de rien, je me suis soumis poi^r vous humblement aux hommes.

Je me suis rendu le plus humble et le dernier de tous, afin que mon humilité vous servît à vaincre votre orgueil.

Apprenez à obéir , poussière que vous êtes; apprenez, terre et boue, à voits abaisser sous les pieds de tout le monde. Apprenez à rompre vos volontés , et à vous dévouer^ toute sorte de soumissions.

5. Animez-vous contre vous-même , et ne souffrez pas que l'enflure de l'orgueil vive en vous; mais rendez-vous si soumis et si petit, que chacun puisse marcher sur vous et vous fouler aux pieds comme la boue des rues.

Qu avez-vous à vous plaindre, homme de néant ? Qu*avez-\ous à répliquer à ceux qui vous font des reproches, pécheur infâme, qui avez tant de fois offensé Dieu, et mérité si souvent l'Enfer ?

Mais med regards tous ont épargné « parce que Totre âme a été précieuse à mes yeux ; afin que vous connussiez combien je vous aimé , que vous fussiez tou-« jours reconnaissant de mes bienfaits , et que, vous établissant sans cesse ^ns une soumission et une humilité véritable, vous endurassiez patiemment le mépris qu'on fait de vous.

Il* ne fiaiut pas se co'ntentor d'obéir à Textërieur , et pour les choses alsëes à faire ; mais il faut encore obéir de tout son cœur, et pour les choses les plus difficiles : car plus on a de peine à obéir , plus il y a de mérite. Peut-^n ne pas se soumettre à un homme pour Dieu , après qu'on a vu Dieu se soumettre pour nous à des hommes, et à ceux même qui étaient ses bourreaux.

J. - G« a bien voulu obéir toute sa vie , et obéir jusqu'à la mort de la croix ; et moi )e ne voudrais pas passer ma vie à obëir, et faire de l'obéissance et mon mérite et ma croix ? L'indépendance est le partase d^un Dieu, et il s'est fait homme pour dépendre de tout le monde , et pour consacrer en soi la dépendance. Je veux donc me former sur le modèle d'un Dieu soumis, dépendant et obéissant, et ne disposer de rien en moi, non pas même de ma pi'opre. volonté.

PRIÉRB.

P mon Sauveur! qui avez été formé dans le sein de Marie par l'obéissance , vous qui l'avez pratiquée exactement durant trente ans à INazareth , et qui avez bien voulu naître^ vivre et mourir par obéissance , en^^ageî-nous à suivre votre exemple, à obéir en- tout à vous-même, dans les personnes qui nous sont supérieures, et qui tiennent votre place à notre égard. Mais faites en même temps que , nous attachant à faire ce qui nous est ordonné, à Je fiiire volontiers,

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