‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 89 sur 190 · DE NOUS-MÊMES · texte numérisé non relu

DE NOUS-MÊMES

Mon fiis, laissez-moi disposer de vous suivant ma volonté : je sais ce qui vous convient.

Vous pensez en homme, et vous jugez de plusieurs choses par Tîm pression que font en vous les affections humaines.

2. Le Ch. Seigneur, ce que vous dites est vrai. Le soin que vous prenez de moi est plus grand que tout celui que je pourrais moi-même en prendre: car celui-là se conduit trop au^asard qui ne rejette pas en vous le soin de tout ce qui le r^arde.

Seigneur , pourvu que ma volonté aille droit à vous, et qu'elle y demeure fermement attachée , feites de moi tout

ce qu il vous plaira : car tout ce que vous ordonnerez de moi ne peut être que bon.

Si c'est votre volonté que je sois dans les ténèbres, soyez-en béni; si vous voulez que je sois dans la lumière, soyez^en de nouveau béni. Si vous daignez me consoler , soyez-en béni ; si vous voulez que je sois affligé, soyez-en toujours également béni.

3. J.-C. Mon fils , c'est ainsli qu'il faut que voua vous comportiez, si vous désirez marcher avec moi. Vous devez être aussi disposé â la souffrance qu'à la joie. Vous devez vous voir aussi volontiers dans la pauvreté et rindigence que dans l'abondance et dans les richesses.

4. Le Gh. Seigneur , je souffrirai de boB cœur pour vous tout ce qu'il vous plaira qu'il m'arrive. Je veux recevoir indifféremment de votre main le bien et le mal, la douceur et l'amertume, la jo>e et la tristesse^ et vous rendre grâces pour tout ce qui m'arrivera.

Préservez-moi de tout péché, et je ne craindrai ni la mort ni l'enfer.

Pourvu que vous ne me rejetiez pas pour toujours, et que vous ne m'effacie!^ point du livre de vie, toutes les traverses qui m'arriveront ne me nuiront point.

PRATIQUE

Pour conserver la paix dans le trouble, il faut que notre volonlé demeure ferme en Dieu ; et tende ton-

jours à lui ; c'est-à-dire, dans la pratique, qu'il faut être dispose à recevoir tout de la main et du cœur de Dieu, d^ sa justice et de sa bonté', avec une humble soumission à son bon plaisir et à ses desseins. Le bien et le mal , la santë et la maladie , le bon et le mauvais succès , la consolation et la désolation y la tentation et la paix, la douceur in ttirieure , l'e'preuveetla punition, tout doit être reçu dans une âme avec humilité^ patience et résignation , comme nous venant de la main de Dieu ; et c est là Tuniaue moyen de trouver la paix au milieu des plus grands troubles.

PRIÉBJS.

Seigneur^ faites que je me repose de tout sur votre puissance et sur votre bonté, vous pouvez m'aidcr, et vous le voulez; cela me suffît pour me rassurer, el pour me soutenir dans les plus terribles peines. Prë- 5ervez-moi seulement du péché , et je serai content de tout souffrir. Si je me trouve attaqué des tentations les plus violentes , et si je me vois près d'y consentir ^ et conime enveloppé des ombres de la mort , ainsi.que dit le Prophète, je me rejetterai de tout moi-même en vous , et je ne craindrai Dointles maux les plus extrêmes, parce que vous êtes avec moi , pour m'aider k les souffrir. Toute la grâce que je vous demande , ô mon Sauveur! c'est que mes maux vous fassent autant de plaisir qu'ils me font de peine; c'est-à-dire, qju'en le» souffrant avec patience , ils soient en moi des moyens de pénitence et de salut. Ainsi soit-il.

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