‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 88 sur 190 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

.QUE Li. véRITABJLE GOIs'SOLA.TION I^E SE DOIT GHEKCBER

qu'en dieu seul.

LE CriRÉTIEN.

. €£ n*est point ici-bas, mais en Tautre vie y que j attends tout ce que je puis dési* rer ou imaginer pour ma consolation. '

Quand j'aurais seul toufes les consolations de ce monde < et qu'il serait en mon pouvoir de goûter toutes ses délices, il

est certain que tout cela ne pourrait pas durer long-temps.

Ainsi, mon âme , vous ne pourrez trou*ver une pleine consolation et une joie parfaite qu'en Dieu , le consolateur des pauvres , et le protecteur des humbles.

O mon âme ! attendez un peu, attendez les promesses de notre Dieu, et vous joui*rez dans le Ciel de l'abondance de tous les biens.

Si vous désirez avec trop de dérèglement les biens présens , vous perdrez les éter^ nçls et les célestes. Ne regardez les temporels que pour lusage ; que les éternel s soient l'objet de vos désirs.

Comme ce n'est point pour les biens de la terre que vous avez été créée, aucun de ces biens n'est capable de vous rassasier.

â. Vous ne seriez pas heureuse quand même vous posséderiez tous les biens créés : mais c est en Dieu , le créateur de toutes choses, que consiste toute votre béatitude et votre félicité : félicité non pas telle que les amateurs insensés du monde se l'imaginent et qu'ils l'estiment, mais telle que l'attendent les bons serviteurs de J.-C. , et que la goûtent quelquefois par avance les personnes spirituelles et pures de cœur, dont la conversation, est dans ie Ciel. ( Phil. 5. ao. )

Toute consola tion qui vient des hommes est vaine et de peu de durée : celle que

la vérité fait ressentir intérienremi est ' véritable et heureuse. L'homme < vot porte partout avec soi Jésus, sou c< solateur, et il lui dit en tout lieu et tout temps : Seigneur Jésus, assistei^m

Que ce soit là ma consolation , de vc loir de bon cœur être privé de tou consolations humaines; et, si les vôt me manquent , que votre volonté et ce juste épreuve me tiennent lieu d'u souveraine consolation.

Car vous ne serez pas toujov/rs colère, et vos menaces ne seront f éternelles. ( Ps. 102. 9. )

PRA.TIQOÉ.

à eux-mêmes et à la créature , ils chercheront leur b heur hors de Dieu. Il faut donc se détacher de t ce qui n'est point Dieu, se séparer de tout, porter état de mort à toutes choses , pour posséder le 1 bonheur qui établit une âme en Dieu. Ainsi ne dis point, comme disent les gens du monde : Heureux o <jui ont en abondance tout*ce qu'ils désirent, et à nen ne manque des biens ou aes plaisirs de la ter Disons plutôt : Heureux un cœur à qui Dieu seul syj heureux un Chrétien qui n'aime que ce qu'il aiiu toujours !

PRIÈRE

Quand sera-ce, ô mon Dieij^ que, détaché de toi les «hoses créées , je ne respirerai aue le bonheur TOUS plaire et de vous aimer? Quana sera-ce que v me serez plus que toutes choses , et tout en toi choses, en quelque sorte comme vous Têtes aux Sai dans le Ciel? Faites , Seigneur, que je me prive toutes les satisfactions de mes sens , et de toutes

CoDsolatioQS humaines de mon esprit^ pour faire mon plaisir du plaisir de votre cœur. Peines , afflictions , adversités , vous serez dorénavant le charme de mon âme, ou du moins le sujet de sa patience, dès que je

Senscrai que vous avez été consacrées dans le cœur e J.-Ç. , et qu'il veut que je vous souffre. Que si vous me privez, Seigneur, de vos consolations , comme je le mérite , faites que Thùmble soumission à votre volonté me tienne lieu d'une souveraine consolation. Ainsi soit-il.

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