LIVRE II. CHAP. V 187 vous ne gardez le silence sur tout
s#ce qui regarde votre prochain,
{pour n'avoir d'autre attention que sur vous-même. Si vous ne - vous occupez que de Dieu et 4 de vous-même, vous serez peu | touché de tout ce qui vous vient d'ailleurs.
A Où êtes-vous quand vous n'êtes pas présent à vous? et quand vous aurez parcouru tout lereste,qu’en retirerez-vous,si vous vous négligez vous-même? Pour jouir de la paix et d'une véritable union avec Dieu, il faut que vous vous regardiez seul, et que vous comptiez pour rien tout le reste.
9. Ainsi vous avancerez beaucoup si vous vous tenez désoccupé detout soin temporel; vous reculerezbeaucoup,au contraire, si vous faites quelque cas des choses de la terre.
Qu'il n'y ait rien pour vous de grand, d'élevé, d' agréable ou d’a- E vantageux, si ce n’est purement È Dieu, ou ce qui est de Dieu. Regardez comme vaines toutes les consolations que vous présenteront les créatures. Une âme qui aime Dieu méprise tout ce qui est au-dessous de Dieu. Dieu seul est éternel et immense, il remplit toutes choses, et il est la consola-
tion de l'âme et la vraie joie du cœur.
Les réflexions inutiles sur soi- à même et sur lesobjetsextérieurs nous font per dre beaucoup de temps, de grâces et de mérites.
S1 nous tàchions de substituer le souvenir respectueux de Dieu à la place du souvenir vain ou incommode de nous et des créatures, nous serions toujours saintement