LIVRE IL CHAP. X
de nouvelles ; et Dieu ôte aux superbes ce qu’il donne ordinairement aux humbles.
3. Je ne veux point de consolation qui m'ôte la componction,et je n’aspire point à une contemplation qui mène à l'orgueil. Car tout ce qui est élevé n'est pas saint, tout ce qui est doux n'est pas bon, tout ce qu'on désiren'est pas pur, et tout ce qui est cher à l'homme n’est pas agréable à | Dieu.
J'accepte volontiers une grâce qui me rend plus humble et plus circonspect, et plus prêt à me renoncer moi-même. Celui qui a senti le don de lagrâceet la peine desa privation,n'oseras'attribuer aucun bien; mais il avouera qu'il est pauvre et dénué de tout.
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu (MarrH. xx11,21.).et attribuez-vous
20 IMITATION DE JÉSUS-CHRIST cequi est de vous; c’est-à-dire, rendez à Dieu grâces pour grâces, et attribuez-vous lepéché à “ousseul, E reconpaissant que la peine que mérite le péché vous est bien due.
4. Mettez-vous au plus bas rang (Luc. xiv, 10.), et vous serez élevé au plus haut; car il n’est point de montagne sans vallée.
Les plus grands saints devant Dieu sont les plus petits à leurs propres yeux, et plus ils sont élevés en gloire, plus ils s’humilient eux-mêmes. Pleins de la vérité et de la gloire céleste, ils ne re- R cherchent point la vaine gloire.
Fondés et affermis en Dieu, ils ne peuvent être susceptibles d'aucun orgueil. Et comme ils rapportent à Dieu tout le bien qu'ils ont recu, ils n’en attendent point de gloire des autres; mais ils ne veulent que celle qui vient de Dieu.