LIVRE II. CHAP. XII
: qu'ayant plus d'amour, son exil . lui cause une plus grande peine.
: 8. Cependant un homme affli- . gé en tant de manières n'est pas } sans quelque consolation qui le | soulage, parce qu'il sait bien qu’il | profite beaucoup en supportant | ainsi sa croix. Car, lorsqu'il s’y > soumet de bon cœur, tout le poids | de son affliction se change en une : douce confiance qu'il recevra bien- } tôt des consolations divines. Et plus son corps est abattu par la } souffrance, plus son esprit se fortifie intérieurement par la grâce.
? Quelquefois même l'amour | qu'il a pour les afflictions et les | traverses, inspiré par le désire qu'il | a de se rendre conforme à Jésus | crucifié, lui donne tant de force, qu'il ne voudrait pas être sans douleur et sans affliction, parce qu'il se croit d'autant plus agréa- 16 711
ble à Dieu, qu'il souffre pour son amour de plus grands maux, «th en plus grand nombre.
Ceci n’est pas l'effet de la vertu R de l’homme, mais de la grâce de Jésus-Christ, laquelle peut et agit si puissamment sur cette chair fragile, qu’elle lui fait aimer et È entreprendre, par la ferveur de l'esprit, les choses dont elle a naturellement. de l'aversion et de l'horreur.
9. Porter et aimer la eroix, châtier et asservir son corps, fuir les ‘honneurs, endurer de bon cœur les injures,se mépriser soimême,et souhaiter d’être méprisé, souffrir lesadversités et les pertes, et ne désirer aucune prospérité en ce monde, sont des. choses | qui. répugnent à la nature humaine,
Si vous considérez vos propres