LIVRE III. CHAP. V
ILne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de, tous les biens pour ne voir que celui qui les donne.
Souvent l'amour ne connait point de bornes ; mais.scn ardeur l'emporte au delà de toute mesure. L'amour ne sent point sa charge; il ne comptepointle travail; il veut faire plus qu'il ne peut, etne s'excuse point sur l'impossibilité, paree qu'il: croit que tout lui est permis et possible. Aussi il est capable de tout ; et pendant que celui qui n'aime point se décourage et se laisse abattre, celui-là. cxécute .biendes choses et les achève.
ÿ. L'amour veille et ne dort pas même pendant le sommeil ; il se fatigue sans se lasser, il est à l'étroit sans être géné, il est éffrayé sans être troublé, et, comme une vive flamme, comme un
flambeau ardent, il se fait passage en haut, et ymonte sansobstacle.
Celui qui aime connaît la force de ce mot d'amour. C'est un grand cri, et qui va jusqu'aux oreilles de Dieu, que cette ardente affection d’une âme qui dit : Mon Dieu, mon amour, vous êtes tout à moi, ct je suis toute à vous.
6. Faites-moi croître en amour, afin que j'apprenne à goûter intérieurement combien il est doux de vous aimer, et de se fondre et se noyer dans votre amour.
Queje sois saisi de votre amour, que je m'élève au-dessus de moimême par un transport de ferveur et de ravissement.
Que je chante un cantique d'amour, que je vous suive en haut, 6 mon bien-aimé! que mon âme, en poussant des cris de joie et d'amour, manque de force et
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