LIVRE III. CHAP, XVII
mer? Quand sera-ce que vous me serez plus que toutes choses, tout en toutes choses, en quelque sorte, comme vous l’êtes aux saints dans le ciel? Faites, Seigneur,que je me prive de toutes les satisfactions de mes sens et de toutes les ‘consolations humaines de mon esprit, pour faire mon plaisir du plaisir de votre Cœur. Que si vous me privez, Seigneur, de vos consolations,commeje le mérite, faites que l’humble soumission à votre volonté me tienne lieu d’unesouveraine consolation.Ainsi soit-il.
CHAPITRE XVII Qu'il faut se reposer en Dieu de tout le soin de nous-memes.
4. Jésus-Carisr. — Mon fils, laissez-moi disposer de vous suivant ma volonté; je sais ce qui
vous convient. Vous pensez en homme,et vous jugez de plusieurs choses par l'impression que font en vous les affections humaines.
2. Le Finèe. — Seigneur, ce que vous dites est vrai. Le soin que vous prenez de moi est plus grand que tout celui que je pourrais moi-même en prendre. Car celui-là seconduit trop au hasard, qui ne rejette pas en vous le soin de tout ce qui le regarde.
Seigneur, pourvu ‘ue ma Volonté aille droit à vous, et qu'elle y demeure fermement attachée, faites de moi tout ce qu'il vous plaira ; car tout ce que vous ordonnez de moi ne peut être que bon. Si c’est votre volonté que je sois dans les ténèbres, soyez-en béni; si vous voulez que je sois dans la lumière, soyez-en de nouveau béni; si vous daignez me