LIVRE III. CHAP. XXVI
peur qu’accablé d’ennuis je ne perde courage.
Je ne dis pas seulement que vous me préserviez de ces choses que la vanité du monde recherche avec tant d'ardeur, maïs de ces misères qui, par une malédiction et une punition communes à notre nature mortelle, appesantissent l'âme de votre serviteur, et l'empéchent d’entrer dans la véritable liberté de l'esprit toutesles fois qu'il le voudrait.
3. O mon Dieu! douceur ineffable! changez pour moi en amertumes toutes les consolations de la chair, qui me détournent de l'amour des biens éternels, et m'attirent malheureusement à elles par la vue de quelque bien présent et sensible.
Que la chair et le sang, Ô mon Dieu, que la chair et le sang ne
triomphent pas de moi ; que le monde et sa gloire passagère ne me séduisent point; quele démon avec toute sa malice n'ait pas le pouvoir de me supplanter. Donnez-moi de la force pour résister, de la patience pour souffrir, de la constance pour persévérer. Dor:nez-moi,au lieu detoutes les consolations du monde, l’onction si douce de votre esprit, et au lieu de l'amour charnel, répandez en moi l'amour de votre nom.
4. Le manger, le boire, le vêtement,et les autres choses qui servent au soulagement du corps, sont à charge à une àme fervente.
Faites que j'use de ces soulagements avec modération, et que je ne m'y attache point par un désir trop grand.
il n'est pas permis de les rejeter tous, parce qu'il faut soutenir |