LIVRE III. CHAP. XXVI 40l
la nature; mais votre loi sainte nous défend d’y chercher la superfluité et le plaisir, parce qu’autrement la chair se révolterait contre l'esprit. Que votre main, je vous prie, me conduise entre ces extrémités, et m’enseigne à ne tomber dans aucun excès.
PRATIQUE
La mortification des sens et la victoire sur l'humeur sont d’une obligation si essentielle à un chrétien pour son salut, qu'on peut bien dire que l’âme répandue dans les objets extérieurs, et souvent plus occupée d'elle-même quede Dieu, ne mérite pas de subsister en lui et de vivre pour lui, parce que, se livrant à ses passions,elle compte pour rien de plaire à Dieu. Ah!
qu'à l'heure de la mort elle chan-
lsera de sentiments et d'idées,
lorsoue, seule avec son Dieu, elle entendra ce reproche: Je ne vous ai rien été dans le temps, je ne vous serai rien dans l'éternité !
Vous avez préféré les plaisirs de vossens au bonheur de meplaire, il est juste que vous soyez livrée à toutes les horreurs d’une éternité malheureuse ! C'est ce qui fut dit au mauvais riche lorsqu'il | se plaignait dans l'enfer de la rigueur de ses tourments; et c’est ce qui sera dit aux âmes sensuelles qui ne veulent se contraindre ni se mortifier en r'en.
Donnez-moi, Seigneur, la force et le courage de gêner mon cœur pour gagner le vôtre; faites que je renonce aux satisfactions de mes sens, pour faire la satisfaction et le plaisir de votre Cœur: