‹ Imitation de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 215 sur 417 · Le Finèze. — Mon Dieu · texte numérisé non relu

Le Finèze. — Mon Dieu

affermissez-moi par la grâce du

Saint-Esprit. Que votre vertu for-

tifie en moi l’homme intérieur, et qu’elle vide mon cœur de tout soin inutile et de toute inquiétude. Ne souffrez pas qu'il se laisse emporter au désir d'aucune chose, quelque vile ou précieuse qu'elle soit; mais faites-moi regarder toutes les choses comme passagères, et moi-même devant passer avec elles; car il n’y a rien de stable sous le soleil, où tout est vanité et affliction d'esprit. (Eccz.

- LIVRE III. CHAP. XX VII 407 x, 18.) Oh! que celui-là est sage, qui en juge de cette manière !

». Donnez-moi, Seigneur, la sagesse céleste,afin que j'apprenne à vous chercher, à vous trouver, à vousgoüûter,à vousaimersur toutes choses,et à considérer le reste des choses dans l'ordre de votre sagesse et suivant ce qu'elles sont.

Faites que je me détourne avec prudence des flatteurs, et que je souffre patiemment ceux qui me contrarient ; car c'est une grande sagesse de ne pas se laisser ébranler par toutes sortes de vains discours et de ne point prêter l'oreille aux carresses trompeuses des sirènes. C’est le moyen de poursuivre en assurance le chemin où l’on est entré.

PRATIQUE

Se donner à Dieu sans réserve,

c'est, ne se reprocher rien de ce qu'on lui a donné; se céder à lui dans les occasions, et préférer sa volonté aux recherches de l'amour propre; ne se rien permettre, et ne rien se pardonner de ce qu'6n sait qui ne plait pas à Dieu; le rendre le maître absolu et comme le propriétaire de tout notre cœur, de sorte qu'il dispose de tout ce qui esten rous et à nous, etde tout nous-mêmes,selon sa volonté sainte ; vivre dans une dépendance et dans une docilité constante à l’égard des mouvements de la grâce.

Seigneur, ne souffrez pas que mon cœur.qui n'est fait que pour vous, et qui est tout entier l'ouvrage de vos mains et le prix de votre sang; ne souffrez pas,dis-je, qu'il soit à d'autres qu'à vous, et

LIVRE III. CHAP. XXVIII 409 qu'il aime rien à l'égal de vous ou préférablement à vous. Je vous suffis, Ô mon Dieu! et pourquoi ne me sufliriez-vous pas ? Pourquoi ne me seriez vous pas plus que toutes choses, vous qui êtes seul mon souverain bien? Mon parti est pris là-dessus, je veux absolument n’aimer que vous. Je veux être tout à vous, chercher en tout à vous plaire, et ne res-

pirer que votreamour.Ainsi s.-il.

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