Jésus-Curisr. — Mon fils, vous ne devez point reculer, ni
LIVRE III. CHAP. XXXII 453 perdre d’abord courage, quand je vous propose la voie des parfaits.
Vous devez, au contraire, vous porter avec plus de zèle à l'état le plus sublime, ou du moins ÿ aspirer par vos désirs.
Que n’en est-il ainsi pour vous, et que n’en étes-vous venu au point de n'avoir aucun amourpropre, mais de vous arrêter pu-
|rement à ma volonté et à celle du supérieur que je vous ai donné !
Vous me seriez alors bien agréable, et toute votre vie se passerait en joie et en paix.
Vous avez encore beaucoup de choses à quitter, et si vous ne me les sacrifiez pas entièrement, vous n'obtiendrez point ce que vous demandez. Je vous conseille, pour vous enrichir, d'acheter de moi de l'or éprouvé au feu (Aroc. ini, 18.), c'est-à-dire la sagesse céleste,
qui foule aux pieds toutes les choses d’ici-bas.
Donnez-lui la préférence sur la sagesse des hommes, et sur toute complaisance dans les hommes et en vous-même.
4. C'est vous dire d’abandonner les choses précieuses et relevées selon l'expression des hommes pour en acquérir une de peu de valeur.
Car cette sagesse du ciel leur parait vile et petite, et ils l'ont presque mise en oubli, quoiqu'elle soit la véritable sagesse, qui n'a point de hauts sentiments d’ellemême, et qui ne cherche point à | se faire estimer sur la terre. Plusieurs la louent de bouche ; mais ils la démentent par leur vie. Elle est cependant cette perle précieuse (MarrH. x1V, 46.) que peu de personnes découvrent.