LIVRE III. CHAP. XL\VI
Dieu. C'est le moins que vous puissiez faire, que de supporter de temps en temps des paroles, vous qui n'êtes pas encore capable d’endurer de grands coups.
Et pourquoi si peu de chose perce-t-il jusqu'au cœur, si ce n'est parce que vous êtes encore charnel, et que vous avez plus d'égard poui les hommes que vous ne devriez? Car, dans la crainte qu'on ne vous méprise, vous ne voulez pas être repris de vos désordres, et vous cherchez des excuses pour les couvrir.
2. Mais considérez-vous de plus près, et vous reconnaitrez que le monde et le vain désir de plaire aux hommes vivent encore en vous. Car, lorsque vous refusez d'être abaissé et confondu pour vos fautes, vous faites bien voir que vous n'êtes pas vraiment humble
ni véritablement mort au m de (Gaz. v1, 14.), et que lemonde n'est pas crucifié pour vous.
Mais écoutez ma parole,et vous ne vous mettrez point en peine de toutes les paroles des hommes.
: Quand on dirait contre vous tout ce que la malice est capable d'inventer, quel tort cela vous feraitil, si vous laissez passer toutes ces choses sans en faire plus d'état que d’une paille? Peuvent-elles seulement vous arracher un cheveu ?
3. Mais celui qui n’est pas intérieur, et qui n'a pas Dieu devant les yeux, s'émeut aisément pour une parole de blâme. Celui, au contraire, qui se confie en moi, et qui ne cherche point à s'appuyer sur son propre sentiment, ne craindra rien de la part des k hommes.
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