LIVRE III. CHAP. XLVIILD 51 rai-je une pleine joie en vous
Quand serai-je débarrassé de tout obstacle et dans une véritable liberté? Quand ine verrai-je à couvert de toute peine d'esprit et de corps ? Quand viendra cette paix solide, cette paix inaltérable et assurée, cette paix au dedans et au dehors, cette paix affermie de toutes parts ?
O bon Jésus ! quand serai-je en état de vous voir? Quand contemplerai-je la gloire de votre royau-
| me? Quand me serez-vous touten
toutes choses ? Quand serai-je avec vous dans ceroyaume que vous avez préparé de toute éternité à vos bienaimés ? (MATTH. XxV, 24.)
Je suis abandonné à la misère, et relégué dans une terre enne-
| mie, où il y a tous les jours des
guerres à essuyer, et d'extrêmes calamités à souffrir.
4. Consolez mon exil, et adoucissez ma douleur, parce que tous mes désirs ne tendent qu'à vous.
Tout ce que me présente le monde pour me consoler m'est à charge. Je désire jouir de vous d'une manière intime, et je ne puis y parvenir.
Je souhaite de m'attacher aux choses du ciel ; maisles chosestemporelles et mes passions immortitiées me rabaissent. Je veux m'élever en esprit au-dessus de toutes choses ; mais la chair me contraint malgré moi à y être assujetti. Ainsi malheureux homme que je suis, j'ai à combattre avec moi-même, et je me deviens à moi-même insupportable (Jos vu, 20.), lorsque l'esprit veut s'élever en haut, et que la chair se porte en bas.
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