LIVRE III. CHAP. L
sibles et les spirituelles, et rechercher toujours, et sur toutes choses, la disposition de votre bon plaisir.
Les sens des hommes sont souvent trompés dans leurs jugements ; les amateurs du siècle se trompent aussi en n'aimant que les choses visibles. Un homme en est-il meilleur, pour être estimé plus grand qu'il n'est par un autre homme”? En l'élevant ainsi, c'est un trompeur qui en trompe un autre: c'est un homme vain qui se joue d’un homme vain, un aveugle qui séduit un aveugle,un malade qui abuse un malade ; et ces vaines louanges servent d’autant plus à le déshonorer véritablement : car l’homme n'est que ce qu'il est à vos yeux, et rien de plus, comme dit l'humble saint François.
Comme Dieu est la puretésouveraine et la sainteté par essence, ainsi, pour le posséder dans le ciel, il a soin d’épurer les âmes en cette vie par les peinesles plus dures et les plus humiliantes, et dans le purgatoire par les douleurs les plus euisantes et les plus vives. C'est par là qu'il les met dans le degré de pureté qu'elles doivent avoir pour entrer dans la possession éternelle et bienheureuse de sa sainteté. Ainsi, ce que doit faire une âme fidèle à correspondre aux desseins de Dieu sur sa sanctification et son salut, est de vivre dans une pureté de cœur qui éloigne de tout péché volontaire, de toute attache humaine, et surtout des recherches de son amour-propre, de ses fautes d'habitude, et de la propriété