Il yen a qui, par un zèle de
tendresse, se portent avec plus d'affection, vers quelques Saints que vers les autres ; mais ce zèle vient. plutôt de l’homme que de Dieu.
C'est moi qui ai fait tous les saints ; C'est moi qui leur ai donné la grâce, c'est. moi qui les ai établis dans la gloire. J'ai reconnu les mérites de chacun d'eux. et je les ‘ai prévenus par les bénédictions de :ma douceur. (PS. XX, +.)
J'ai connu mes bien-aimés dans ma prescience avant tous les siècles. Je les ai chaisis et tirés du monde.( Joax.. XV, 49.) Ce ne sont pas eux qui m'ont choisi les premiers, c'est moi qui les ai appelés par ma grâce,qui les ai attirés par ma miséricorde, et qui. les ai fait passer par différentes tentations. C'est moi qui ai répandu en eux des consolations merveil-
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LIVRE ILL. CHAP. LVUI 580 leuses, qui les ai fait persévérer, qui ai couronné leur patience.
4. Je connais le premier et le dernier, et je les aime tous d’un amour inestimable. C'est moi qu'il faut louer dans tous les Saints : c’est moi qu'il faut bénir et honorer par-dessus toutes choses en chacun d'eux, le: ayant élevés et prédestinés à tant de gloire sans qu'il y ait eu en eux aucun mérite propre qui ait précédé.
Celui donc qui méprise un des moindres des miens,. n'honore point le plus grand, puisque j'ai fait le petit comme le grand. Et celui qui fait injure à quelqu'un des Saints, me la fait à moimême, et à tous les autres qui sont dans le ciel. Tous n’y sont qu'un par le lien de lacharité; ils n'ont tous qu'un sentimentet une
volonté, etils s'aiment tous en un.
3. Mais cé qui est bien plus sublime, ils m'aiment plus qu'eux-mêmes et que leurs propres mérites ; ear, transportés hors d'eux-mêmies, et tirés hors de leur amowr-propre, ils s’abiment totalement dans l'amour qu'ils me portent, et dans la jouissance duquel ils trouvent leur repos. Il n’est rien qui puisse les détourner ou les rabaisser, parce qu'étant remplis de la vérité éternelle, ils brülent du feu d'une charité qui ne peu s'éteindre.
Que les hommes charnels et animaux ne se mêlent donc point de discourir sur l'état des Saints, eux qui ne savent aimer que leur satisfaction particulière. [ls ôtent et ils ‘ajoutent selon qu’il leur plaît, ‘et non comme il plait à l'éternelle Vérité.
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