LIVRE Ill. CHAP. LIX
m'instruisez, et si vous ne me gardez vous-même.
4. Car tout ce qui parait propre à procurer la paix et la félicité n'est rien sans vous, et ne contribue véritablement en rien à cette félicité. Vous êtes done la fin de tous les biens, la source de la vie, un abime qui épuise le discours, et la plus puissante consolation de vosserviteurs est d'espérer en vous par-dessus toutes choses. Mes yeux se sont élevés vers vous, je mets ma confiance en vous, Ô mon Dieu, père des miséricordes ! Bénissez et sanctifiez mon âme par votre bénédiction céleste, afin qu'elle devienne votre demeure sainte et le trône de votre éternelle gloire, et qu'il ne se trouve rien dans ce temple de votre divinité qui blesse les yeux de votre Majesté. Jetez vos
regards sur moi, selon la grandeur de vos bontés et la multitude de vos miséricordes (Ps. LXVIN, 17.), et exaucez la prière de votre pauvre serviteur relégué bien loin dans la région des ombres de la mort.
Protégez et conservez l'âme de votre petit serviteur au milieu d'un grand nombre de dangers de cette vie corruptible; et, m'accompagnant de votre grâce, con-
duisez-moi par le chemin de la paix dans la patrie de l’éternelle clarté. Ainsi soit-il.
PRATIQUE
Lorsque nous nous sentons affligés et comme accablés de peines intérieures, de douleurs corporelles et de contradictions extérieures, ou de tous ces maux ensemble, recourons à notre Dieu.
qui peut seul nous aïder et nous
=, ie à A Kit CL 7 AT
LIVRE JII. CHAP. LIX 603 secourir, et disons-lui avec les Macchabées : Seigneur,vous savez les desseins que les ennemis de notre âme et de notre salut forment contre nous: comment pourrions-nous jamais leur résister, si vous ne nous secouriez ? Nous élevons donc nos yeux et notre cœur vers vous; vous êtes notre Dieu, vous pouvez nous aider ; vous êtes notre Sauveur, vous le voulez; vous êtez notre Père, nous implorons votre assistance pour ne pas succomber et nous perdre.
Seigneur, vous avez dit que, pour être de vos disciples et de véritables chrétiens, il fallait se renoncer et porter Sa croix. Vous savez la répugnance extrême que nous avons à l’une et à l’autre de ces choses. Ne souffrez pas qu'en
ce point notre foi nous condamne, comme elle ferait si nous ne pratiquions que ce que nous croyons être nécessaire à notre salut ; mais suppléez ce qui manque à notre foi, c'est-à-dire la pratique des vérités saintes, que nous croyons, nous faisant joindre à la foi d'un chrétien la conduite d’un chrétien. Ainsi
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