LIVRE I. CHAP. XXV
1 6. Souvenez-vous de l'engage- ! ment que vous avez pris, et pro- À posez-vous l'image de Jésus crucifié. Vous avez bien lieu de rougir, en considérant la vie de Jésus-Christ, de n'avoir pas eu 4 plus de soin d'y conformer la vôtre, depuis tant de temps que vous êtes entré dans la voie de Dieu.
Un religieux qui s'occupe à méditer avec attention et avec piété la sainte vie et la passion du Sauveur, y trouvera avec abondance tout c° qui lui est utile et nécessaire, et ce serait en vain qu'il chercherait quelque chose de meilleur hors de Jésus. Oh ! si Jésus | crucifié entrait dans notre cœur, que nous serions bientôt suffisamment instruits !
7. Le religieux fervent accepte et fait avec joie tout ce qu'on lui
commande; le négligent et letiède M
ressent affliction su ‘affliction.et, de quelque côté qu'il se tourne, il n’a que de la peine, parce que la consolation intérieure lui manque et qu'il ne lui est pas permis d'en chercher au dehors. Le religieux qui ne vit pas selon sa règle est exposé à une grande chute. Celui qui se porte à ce qu'il ya de relâché et de plus commode aura toujours le cœur à l’étroit; car il se {trouvera que quelque chose ou le tout Ini déplaira.
8. Comment font tant d’autres religieux qui vivent si resserrés sous la règle de leur maison ? Ils sortent rarement, ils vivent dans la retraite leur nourriture est très pauvre, ils s'habillent grossièrement, travaillent beaucoup, parlent peu, veillent longtemps, se lèvent debonne heure,demeurent
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LIVRE I. CHAP. XXV longtemps en prière, lisent souvent, et gardent en toute chose une exacte discipline.
Voyez les chartreux, les religieux de Citeaux et tant d’autres religieux et religieuses de divers ordres, qui se lèvent toutes les puits pour chanter les louanges de Dieu. Vous devriez donc avoir honte d'être si paresseux dansle temps où un si grand nombre de religieux se mettent en devoir de louer Dieu.
9. Oh! si vous n'aviez autre chose à faire qu'à louer de cœur et de bouche le Seigneur notre Dieu! Oh! si vous n’aviez jamais besoin de manger, de boire, de dormir, mais que vous puissiez toujours louer Dieu, et ne vaquer qu'aux exercices spirituels, vous seriez bien alors plus heureux
que d’être assujetti, comme vous 11 711
l'êtes, à toutes les nécessités de | votre corps! Plût à Dieu que tous 4 ces besoins cessassent, et que nous À
n'eussions que notre âme à nour-
rir! nourriture, hélas! que nous |
goûtons bien rarement.
10. Quand l'hommeest parvenu } à un tel état, qu'il ne cherche plus de consolation dans at une :
créature, c’est alors qu'il commence à goûter Dieu parfaitement, et qu'il se trouve content,quelque chose qui lui arrive. Alors il ne se réjouit pas plus d'un grand succès qu'il ne s'afflige pour le moindre ; maïs il se met entièrement. et avec confiance entre les mains de Dieu, qui lui est.tout cn toute chose, à l'égard duquel rien ne périt ni ne meurt; en qui tout est vivant,et à Ia volonté uquel tout obéit sans retirdement et sans résistance.
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